Dans le sillage du bilan des nouvelles communes urbaines de la capitale, Kadiatou Barry, déléguée de l’état civil de Sanoyah, a présenté les résultats de l’année 2025. Entre une activité administrative intense et des conditions de travail précaires au cœur du marché, le service tente de répondre aux besoins d’une population en pleine régularisation.
L’année 2025 à Sanoyah a été marquée par un effort de transcription sans précédent. Si les déclarations de naissance effectuées dans le délai légal (moins de six mois) s’élèvent à 1 731 actes, répartis entre 880 garçons et 851 filles, c’est surtout le volume des régularisations tardives qui impressionne. Le service a procédé à 13 839 transcriptions hors délai, preuve d’une vaste campagne de mise à jour de l’état civil pour des milliers de citoyens. Sur ce total, les femmes sont majoritaires avec 7 914 actes, contre 5 865 pour les hommes.
Le volet matrimonial et les déclarations de décès complètent ce bilan annuel. Le service a ainsi célébré et établi 342 actes de mariage. Concernant les décès, le respect des délais légaux (0 à 2 mois) reste un défi : seuls 32 actes ont été établis dans les temps, tandis que 20 autres ont nécessité une procédure de transcription après jugement supplétif au tribunal.
Ces résultats ont toutefois été obtenus dans un contexte particulièrement difficile. Kadiatou Barry ne cache pas les obstacles quotidiens auxquels ses équipes sont confrontées. « Notre tout grand souci ici, c’est d’abord le local. Comme vous voyez, les conditions sont vraiment amères. On vit au cœur du marché. Comme c’est une nouvelle commune, on se débrouille comme ça pour satisfaire la population », confie-t-elle avec franchise. Cette installation provisoire au milieu de l’agitation commerciale complique la gestion de documents aussi sensibles que les registres d’état civil.
L’espoir repose désormais sur les chantiers en cours. À l’instar des autres nouvelles communes, Sanoyah attend la livraison de ses propres bâtiments administratifs. Cette attente conditionne d’ailleurs toutes les ambitions futures du service. « En 2026, je vais commencer par ça : on ne peut rien faire si on n’est pas bien installé. Si on est bien installé, c’est comme ça qu’on peut maintenant améliorer beaucoup de choses », martèle la déléguée de l’état civil.
Pour l’année 2026, la priorité de Sanoyah est donc claire : quitter l’insalubrité et le bruit du marché pour un cadre de travail digne.
Thierno Amadou Diallo


