La Coupe d’Afrique des nations 2025 touche progressivement à son dénouement. Ce mercredi 14 janvier, à l’issue de deux demi-finales d’un niveau relevé, l’identité des deux finalistes est désormais connue. Et le symbole est fort : ce sont deux sélections qui portent le lion comme emblème qui se disputeront le trophée continental. Les Lions de la Téranga du Sénégal et les Lions de l’Atlas du Maroc ont validé leur billet pour la grande finale au terme de prestations globalement maîtrisées, respectivement face à l’Egypte et au Nigeria. A Rabat, dimanche prochain, deux fauves se feront face pour une seule proie : la couronne africaine. Un duel qui s’annonce d’autant plus indécis que les deux équipes ont, chacune à leur manière, démontré qu’elles avaient les arguments pour aller au bout.
Face aux Pharaons, le Sénégal s’est imposé avec autorité. La victoire des hommes de Pape Thiaw apparaît logique tant leur emprise sur la rencontre a été des plus évidentes. L’Egypte avait fait le choix d’un bloc bas, misant sur la prudence et les transitions rapides, dans l’espoir de surprendre une équipe sénégalaise réputée pour sa puissance offensive. Mais cette stratégie s’est heurtée à la discipline tactique et à la vigilance des Lions de la Téranga. Mohamed Salah et Omar Marmoush, pourtant capables de faire basculer un match à eux seuls, ont été muselés par une défense sénégalaise vigilante et bien organisée.
Dominer n’est cependant pas toujours synonyme de marquer. Et face à une équipe égyptienne repliée dans ses trente derniers mètres, le Sénégal a longtemps buté sur une véritable muraille. Il a fallu attendre la 78ème minute pour voir la délivrance. A la suite d’une frappe de L’amine Camara repoussée par la défense, Sadio Manè reprend sans contrôle et trouve le chemin des filets. Un but libérateur, venu récompenser une maîtrise collective et une patience qui auront fini par payer.
Dans l’autre demi-finale, le Maroc a dû passer par l’épreuve des tirs au but pour écarter le Nigeria, mais là encore, la qualification des Lions de l’Atlas ne souffre guère de contestation. Soutenus par un public incandescent, les hommes de Walid Regragui ont livré une prestation aboutie, dans la continuité de celle qui leur avait permis d’éliminer le Cameroun en quart de finale. Organisation défensive, solidarité dans l’effort, maîtrise du tempo : les Marocains ont globalement dominé des Super Eagles pourtant redoutables sur le papier.
L’absence de Wilfred Ndidi, véritable métronome du milieu nigérian, a sans doute pesé. Mais au-delà, c’est l’ensemble du secteur offensif – Osimhen, Lookman, Akor Adams – qui n’a pas réussi à exprimer son potentiel face à un bloc marocain discipliné et agressif à la récupération. Le Maroc aurait même pu plier la rencontre dans le temps réglementaire, tant ses occasions ont été plus nettes, avant que la séance des tirs au but ne vienne entériner une supériorité déjà perceptible dans le jeu.
Ainsi, au terme de ces deux affiches, force est de constater que les meilleures équipes du soir ont gagné. Ce constat ne fait que renforcer l’incertitude qui entoure la finale. Le Maroc pourra s’appuyer sur l’avantage du terrain et sur l’élan populaire qui porte ses joueurs depuis le début de la compétition. Le Sénégal, de son côté, avance avec la sérénité d’un collectif solide, équilibré et animé par l’ambition d’inscrire une deuxième étoile à son palmarès.
Deux styles, deux trajectoires, mais une même faim de gloire. Dimanche, à Rabat, il ne restera plus qu’un seul lion debout. Celui qui saura transformer sa rugosité, son intelligence tactique et sa maîtrise émotionnelle en coup de griffe décisif entrera un peu plus dans la légende du football africain.
Boubacar Sanso Barry


