L’insécurité grandissante à N’Zérékoré inquiète fortement les services de défense et de sécurité de la capitale forestière. Pour mettre fin à ce fléau qui endeuille de nombreuses familles, la police et la gendarmerie se disent dépassées et sollicitent un engagement plus actif des habitants.
C’est en marge d’une rencontre organisée dans la salle de conférence de la commune urbaine que les responsables des deux unités ont exprimé leur préoccupation face à la dégradation de la sécurité des citoyens et de leurs biens.
Le colonel Moussa Soumaoro, commandant de la gendarmerie, a insisté sur le rôle central des habitants.
« Nous ne sommes pas dans tous les secteurs et quartiers de la ville en même temps. Mais tout ce qui se passe, qui gêne cette population, nous concerne, vous devez nous appeler pour nous informer de ce qui se passe en temps réel. Parce que si vous êtes touché quelque part, nous sommes touchés aussi. Donc, un numéro vert est ouvert pour tous vos besoins même si vous n’avez pas d’unité, vous pouvez vous adresser à nous sur le 130 », a-t-il déclaré.
Il a rassuré la population sur la rapidité d’intervention : «Les cinq minutes qui suivent l’appel d’un citoyen en danger seront suffisantes pour que nos agents soient sur les lieux indiqués. C’est la mission régalienne de la gendarmerie et de la police ».
Pour sa part, le commissaire divisionnaire Souleymane Sidibé, du commissariat central de N’Zérékoré, a souligné que la sécurité est l’affaire de tous.
« Parce que quand vous voyez votre voisin menacé et que vous restez silencieux auprès de ce fait, après, lui, l’intéressé, viendra sur vous. Donc moi, je vous informe que les services de sécurité sont à la disposition des citoyens. S’il y a des besoins, qu’ils acceptent de venir vers la loi moyennant zéro franc. Pas question de dire déplacement négatif. Si vous avez peur de communiquer des informations, vous pouvez appeler le numéro vert, il est ouvert », a-t-il indiqué.
Le commissaire a mis en garde contre les braquages nocturnes devenus fréquents dans la ville.
« Il a été constaté que ces derniers temps, franchement, il y a des cas de braquage qui concernent tout le monde. Quels sont ceux qui font ces braquages ? Ce sont nos frères, ce sont nos sœurs, ce sont des citoyens, des élèves qui habitent dans les quartiers, dans les secteurs, sous nos yeux. Alors chacun de nous n’a qu’à essayer de faire un examen de conscience pour qu’ensemble, on puisse éradiquer ces fléaux », a-t-il affirmé.
Il a rappelé que le silence face à ces situations entraîne des complications : « Moi, j’interpelle tous les citoyens, d’où qu’ils soient à N’Zérékoré, qu’ils acceptent de porter confiance au service de sécurité, d’appeler. Et tous ceux qui vont constater des éléments nouveaux dans nos quartiers, de les dénoncer ».
Enfin, il a expliqué que les malfaiteurs opèrent souvent à moto : « S’il y a l’entente entre les taxis-motards, les malfrats seront tractés par les forces de l’ordre ».
À N’Zérékoré, la sécurité devient un défi collectif où la vigilance et la collaboration citoyenne sont plus que jamais essentielles.
Foromo Fazy Béavogui, depuis N’Zérékoré


