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À Malapouya, la route se transforme en cuisine de protestation contre Dynamic Mining

À Malapouya, ce ne sont plus les vrombissements des engins miniers qui résonnent depuis trois jours, mais le fracas des marmites posées sur l’axe minier. Dans cette commune rurale de la préfecture de Boké, les activités de la société Dynamic Mining sont totalement à l’arrêt, paralysées par une communauté excédée qui accuse l’entreprise de n’avoir pas tenu ses engagements. Pour l’heure, la société brille par son silence.

Ce jeudi, la contestation a pris une tournure particulière. Déterminées, des femmes ont investi la route habituellement empruntée par les camions de la société. Bois de chauffe, casseroles, foyers improvisés : la chaussée s’est muée en véritable espace de résistance. Aucun véhicule ne circule. La mine est coupée de son principal accès.

Derrière ce blocus se cache une accumulation de frustrations. Les habitants reprochent à Dynamic Mining le non-respect de ses engagements sociaux. Selon eux, les promesses faites lors de l’installation de la société ne se sont jamais traduites par des actions concrètes.

Les revendications sont claires : des forages annoncés mais non fonctionnels, des routes communautaires fortement dégradées et jamais reprofilées, un accès très limité des jeunes locaux à l’emploi minier, et surtout une matrice de recensement jugée opaque, dont les résultats n’ont jamais été officiellement partagés avec les communautés.

Dans le district de Bala Dabi, la jeunesse a décidé de parler d’une seule voix. Alhassane, son président, ne cache pas son amertume.

« On nous avait fait des promesses. Aujourd’hui, certains forages ne fonctionnent pas, d’autres n’existent même pas. Nos routes sont impraticables et nos jeunes ne travaillent pas à la mine. Pire encore, l’exploitation a pollué nos marigots : l’eau n’est plus buvable et nos jardins ne produisent plus comme avant », déplore-t-il.

Selon lui, la communauté avait pourtant privilégié la voie du dialogue. Un préavis avait été adressé aux autorités locales ainsi qu’aux responsables des relations communautaires de la société. En vain. « Nous avons attendu. Rien n’a changé. Alors les populations ont décidé d’agir », tranche-t-il.

Dynamic Mining opère à Malapouya dans le cadre du Bon Ami Project, dédié à l’exploitation de la bauxite. Après plusieurs années d’exploration, la mine est entrée en production en 2024, avec les premières exportations de minerai.

Mais aujourd’hui, l’élan est brutalement stoppé. Pour l’heure aucune réaction officielle de la société n’a été enregistrée. Sur le terrain, les populations préviennent : le blocus restera en place tant qu’une solution concrète ne sera pas trouvée.

À Malapouya, la route n’est plus un simple axe minier. Elle est devenue le symbole d’un bras de fer entre une communauté qui réclame le respect de ses droits et une société minière sommée de rendre des comptes.

Mamadou Bah, depuis Boké

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