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Famille de Tibou Camara enlevée : l’OGDH appelle les autorités à agir sans délai

Suite à l’enlèvement de deux membres de la famille de l’ancien ministre Tibou Camara dans la soirée du 3 mars à Dinguiraye, l’Organisation Guinéenne de Défense des Droits de l’Homme et du Citoyen (OGDH) exprime sa profonde inquiétude. Dans une déclaration officielle, l’organisation appelle les autorités guinéennes à garantir leur sécurité, à faire toute la lumière sur les faits et à mettre fin aux pratiques d’interpellations extrajudiciaires.

DÉCLARATION :

L’Organisation Guinéenne de Défense des Droits de l’Homme et du Citoyen (OGDH) a appris, avec une profonde préoccupation et une vive indignation, l’enlèvement de membres de la famille de l’ancien ministre de la République, Monsieur Tibou CAMARA.

Les faits se sont déroulés dans la nuit du mardi 03 mars 2026, peu après 20 heures, à Dinguiraye. Selon une source familiale, trois véhicules transportant des hommes en uniformes et cagoulés ont investi la résidence de Monsieur CAMARA. Ces individus ont procédé à l’interpellation de deux (2) membres de sa famille, dont les noms suivent, et qui restent à ce jour sans nouvelles :

1-Hadja Assoumaouh DIALLO, âgée de 84 ans, mère de Monsieur Tibou CAMARA ;

2-Hadja Binta CAMARA, âgée de 68 ans, aînée de la famille.

Alors que plusieurs cas similaires n’ont connu aucune suite judiciaire concluante jusqu’à présent — notamment depuis l’affaire concernant Oumar Sylla dit « Fonikè Manguè » et Bilo BAH en juillet 2024, jusqu’aux cas plus récents touchant des membres de la famille de Monsieur Elie KAMANO ainsi que Madame Néné Oussou DIALLO de l’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG) —

L’OGDH exprime sa vive inquiétude face à la persistance de ces pratiques humiliantes et dégradantes, contraires aux lois nationales et aux engagements internationaux de la Guinée en matière de droits humains, dans un contexte marqué par une dégradation préoccupante des libertés publiques.

L’OGDH rappelle que la Guinée est État partie au Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP) et à la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP), textes qui garantissent notamment :

  • Le droit à la vie (article 6 du PIDCP et article 4 de la CADHP) ;
  • Le droit à la liberté et à la sécurité de la personne, ainsi que la protection contre toute forme d’arrestation ou de détention arbitraire (article 9 du PIDCP et article 6 de la CADHP).

Ces garanties trouvent également leur fondement dans la nouvelle Constitution, notamment en ses articles 8, 9 et 10, qui consacrent le respect de la dignité humaine, la liberté individuelle, l’inviolabilité de la personne et la protection contre les actes arbitraires.

Au regard de la gravité des faits et des obligations qui incombent à l’État, l’OGDH :

  • En appelle au Ministre de la Justice et des Droits de l’Homme afin qu’il engage sans délai, par ses services compétents, une enquête sérieuse et impartiale en vue de faire toute la lumière sur l’enlèvement des personnes susmentionnées ;
  • Exige des autorités compétentes qu’elles communiquent régulièrement et en toute transparence sur l’état d’avancement des enquêtes relatives à ces faits ainsi qu’aux autres cas similaires ;
  • Demande que soient garanties l’intégrité physique et morale des membres de la famille de Monsieur Tibou CAMARA, conformément à la Constitution et aux instruments juridiques internationaux ratifiés par la Guinée ;
  • Exige la cessation immédiate des pratiques d’interpellations extrajudiciaires menées par des individus cagoulés, méthodes qui portent gravement atteinte à l’État de droit et à la sécurité des citoyens ;
  • Invite les autorités à veiller au strict respect des procédures légales de privation de liberté, lesquelles exigent notamment un mandat régulier et le placement des personnes concernées dans des lieux de détention officiels et reconnus.

Par ailleurs, l’OGDH rappelle au Chef du Gouvernement ainsi qu’au Président de la République l’obligation qui incombe à l’État guinéen de garantir la sécurité de toutes les personnes vivant sur le territoire national, dans le respect strict des lois et règlements en vigueur.

Enfin, l’OGDH réaffirme son engagement indéfectible en faveur de la promotion et de la protection des droits et libertés fondamentaux en Guinée et demeurera vigilante quant à l’évolution de cette affaire ainsi que des autres cas similaires.

Conakry, 0 5 mars 2026

POUR LE BUREAU EXÉCUTIF NATIONAL

LE PRÉSIDENT, Me Alpha Amadou DS BAH

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