À Kolaboui, la tension est palpable. Depuis plusieurs jours, une affaire présumée de détournement de 16 motos, offertes aux jeunes par la société UMS, agite la localité et embrase les réseaux sociaux. Dans cette zone minière de la préfecture de Boké, où les attentes sociales sont particulièrement élevées, le dossier suscite une vive indignation.
Au centre de la polémique : Algassimou Kaba. Le président du district central, également candidat aux prochaines élections communales, est directement accusé dans ce dossier sensible mêlant gestion de biens destinés à la jeunesse et gouvernance locale. Mais face à la montée de la pression, l’intéressé a choisi de riposter sans attendre.
Dans une déclaration publiée sur sa page Facebook, il rejette en bloc les accusations portées contre lui. Il dénonce une « campagne de calomnie, de diffamation et de haine » qu’il estime savamment orchestrée pour ternir son image. Déterminé, il affirme être prêt à s’expliquer publiquement et à faire toute la lumière sur la gestion des motos ainsi que sur les enjeux liés à la cité minière.
Mieux encore, Algassimou Kaba passe à l’offensive. Il appelle à l’organisation d’un débat public contradictoire et invite les parties concernées à y prendre part : la commission de gestion des motos, l’union des entrepreneurs de Kolaboui ainsi que le Conseil national de la jeunesse locale. Objectif : établir la vérité et situer les responsabilités. « Je veux que toute la vérité éclate », lance-t-il, mettant au défi ses accusateurs de produire des preuves tangibles.
Dans un geste fort, le candidat engage son avenir politique. Il assure qu’il se retirera de la course à la mairie si sa culpabilité venait à être établie.
Au-delà de cette affaire, le dossier ravive un malaise plus profond. À Kolaboui, comme dans de nombreuses zones minières, la question du partage des retombées économiques demeure une source de frustration. Pour une jeunesse confrontée au chômage, ces 16 motos représentent bien plus qu’un simple don : elles incarnent des opportunités rares et précieuses.
À ce stade, aucune enquête officielle n’a encore été annoncée. Mais une certitude s’impose : à Kolaboui, l’affaire des 16 motos est loin d’avoir livré tous ses secrets.
Mamadou Bah, depuis Boké




