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BCRG : de l’arrestation des syndicalistes à la menace de sanctions, le bras de fer se durcit

La tension est montée d’un cran mercredi 19 août à la Banque centrale de la République de Guinée (BCRG). Alors que trois syndicalistes de l’institution étaient convoqués puis déférés devant le Tribunal de première instance de Kaloum, un mouvement de cessation collective du travail a été observé au sein de la banque. En réaction, la Direction de la BCRG rappelle les règles encadrant le droit de grève et annonce un examen individuel des absences constatées.

La journée de mercredi aura été particulièrement mouvementée à la BCRG. Trois membres de la délégation syndicale des travailleurs ont été convoqués et auditionnés à la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ), avant d’être déférés au TPI de Kaloum.

Cette procédure judiciaire a contribué à tendre davantage le climat déjà électrique au sein de l’institution. C’est dans ce contexte qu’un mouvement de cessation collective du travail a été observé mercredi, entre 12 heures et 17 heures, selon le communiqué publié par la BCRG et signé par son gouverneur, Dr Karamo Kaba.

La Direction reconnaît que cette mobilisation a eu un impact sur le fonctionnement habituel de certains services et départements.

La séquence est révélatrice d’un bras de fer qui ne cesse de prendre de l’ampleur entre la Direction de la BCRG et les représentants des travailleurs.

D’un côté, les syndicats entendent défendre leurs revendications et exercer leur droit à l’action collective. De l’autre, la Direction insiste sur le strict respect des procédures prévues par la législation du travail.

Dans son communiqué, la BCRG rappelle d’ailleurs que le droit syndical et le droit de grève sont reconnus et garantis par la loi. Mais elle souligne que leur exercice doit respecter les conditions, procédures et modalités prévues par le Code du travail, les textes réglementaires et les règles internes de l’institution.

Le passage le plus sensible du communiqué concerne les absences enregistrées mercredi.

La Direction annonce que les situations d’absence constatées feront l’objet d’un « examen individuel », conformément aux dispositions légales, réglementaires et statutaires en vigueur.

Elle précise que, « le cas échéant », toute suite administrative sera engagée dans le respect des procédures applicables et des droits de la défense.

Cette formulation laisse planer la possibilité de mesures disciplinaires contre certains agents ayant participé au mouvement.

La BCRG demande par ailleurs à l’ensemble de son personnel de reprendre normalement le service dès ce jeudi 20 août et de respecter les horaires, les obligations professionnelles ainsi que les règles de discipline et de fonctionnement de l’institution.

Mais après la convocation de syndicalistes, leur audition à la DPJ, leur déferrement devant la justice et la cessation collective du travail observée dans la foulée, la question demeure : la BCRG est-elle encore dans une simple crise sociale ou assiste-t-on désormais à un véritable bras de fer entre la Direction et les représentants des travailleurs ?

Les prochaines heures pourraient être décisives pour déterminer si le dialogue permettra de ramener le calme ou si cette escalade risque de s’installer durablement au sein de l’institution chargée de conduire la politique monétaire du pays.

N’Famoussa Siby 

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