Ce lundi 8 décembre 2025, plusieurs établissements privés de Conakry, Coyah, Boké et Kankan ont été pris d’assaut par des groupes d’élèves en colère. Les attaques ont semé la panique, provoqué des dégâts matériels, blessé plusieurs élèves et contraint les enseignants à interrompre les cours. Ces violences font suite à « l’absence d’enseignants dans les écoles publiques », conséquence d’un profond désaccord au sein du mouvement syndical de l’éducation.
Pour Aboubacar Diesto Camara, porte-parole du Syndicat National de l’Éducation, l’origine de la crise est claire. Il parle d’un protocole d’accord controversé signé par le SLECG et n’hésite pas à dénoncer publiquement ce qu’il qualifie de trahison.
Selon lui « La situation, comme vous l’avez constaté, c’est l’expression d’une revendication par l’intersyndicale de l’éducation suite à un protocole d’accord de la discorde, de la honte, d’exclusion également, signé par le SLECG qui a préféré trahir les enseignants de Guinée en les amadouillant, en les faisant dérouter sur le chemin. Et en montrant aujourd’hui que c’est lui seul qui est le représentant de tous les enseignants de Guinée », a-t-il affirmé.
Aboubacar Diesto Camara rappelle que l’ancien secrétaire général du SLECG, Aboubacar Soumah, n’est plus en activité. « Dès l’instant qu’Aboubacar Soumah n’est plus en fonction, il est bien pensionné, il est à la retraite. Je crois qu’il doit être à l’équidistance de la défense des intérêts matériels et moraux des travailleurs de l’éducation. Le gouvernement a placé sa confiance à un nom qui n’est plus représentatif aux yeux des enseignants », a-t-il souligné.
Il estime que les revendications du corps enseignant ont été détournées. « Ce qui a été demandé par les enseignants, c’est la signature du statut particulier. Et je crois que c’est ce qui a été détourné par Aboubacar Soumah pour faire des yeux doux au gouvernement, et les a orientés vers la signature des primes, des primes qui ne sont même pas payées mensuellement, mais plutôt annuellement, une seule fois. Tout cela est de nature à se moquer des enseignants », a-t-il expliqué.
Interrogé sur les violences de ce lundi, il les déplore, tout en les expliquant par la frustration de nombreux élèves. « C’est des événements malheureux. Nous ne les souhaitons pas. Les enfants, par endroit des candidats, considèrent comme une injustice le fait que certains étudient et d’autres n’étudient pas. Et c’est pourquoi ils ont décidé d’empêcher les autres. C’est malheureux, mais on n’a pas le choix. C’est à l’État d’ouvrir rapidement un couloir de négociation », a-t-il déclaré.
De son côté, le SLECG, par la voix de son porte-parole Mohamed Bangoura, rejette totalement la version selon laquelle les élèves manifesteraient en soutien au mouvement de grève. Pour lui, les événements ont été exagérés ou manipulés.
Il affirme « Il n’y a pas eu des manifestations, plutôt des jets de pierres sont tombés dans les concessions scolaires. Ce sont des gens qui font croire que le mot d’ordre de grève est suivi, mais tel n’est pas le cas », a-t-il dit.
Il décrit une scène de panique soudaine « Dans tous les cas, jusqu’à 10 heures, 11 heures, les élèves étaient en situation de classe jusqu’à ce que des personnes viennent jeter des pierres dans les établissements. Cela a provoqué une panique totale, et il y a même eu des élèves blessés », a-t-il soutenu.
Alors que l’année scolaire avance, les positions syndicales restent profondément divergentes et la population scolaire, déjà fragilisée, en subit les conséquences directes.
Thierno Amadou Diallo


