ledjely
Accueil » CRIEF : la justice lance la traque des avoirs de Makhissa
A la uneActualitésEconomieFinances

CRIEF : la justice lance la traque des avoirs de Makhissa

Le procès de l’ancien directeur général des Impôts sous le régime d’Alpha Condé s’est ouvert ce lundi devant la chambre de jugement de la CRIEF, délocalisée dans les locaux de la Cour d’appel. Absent du pays depuis la prise du pouvoir par le CNRD, Aboubacar Makhissa Camara est poursuivi par le parquet spécial pour des faits de « détournement de deniers publics, corruption, enrichissement illicite et blanchiment de capitaux ». Ces accusations s’inscrivent dans le cadre des enquêtes menées contre plusieurs anciens hauts responsables de l’Etat pour des infractions économiques et financières.

A l’ouverture des débats, la parole a été donnée à la partie civile, qui a déclaré que le prévenu est en fuite. Elle a ensuite demandé la communication de la liste de ses comptes bancaires, des soldes correspondants, des relevés, notamment auprès de l’UBA, ainsi que l’inventaire de ses biens.

« … Faire un inventaire des biens immobiliers du prévenu dans la ville de Conakry afin que la justice mette la main sur l’ensemble. La question n’est pas de constituer un avocat. Tant qu’il est en fuite, ses avocats ne peuvent accomplir aucun acte devant vous, lorsque leur client est en fuite », a déclaré Me Mamadou Sanoussy Bah, agent judiciaire de l’État.

Prenant la parole, le juge a insisté : « Il ressort des actes d’instruction qu’il est en fuite et qu’un mandat a même été décerné contre lui. Nous demandons qu’un courrier soit adressé à toutes les banques où il détient des comptes afin d’obtenir les relevés ».

De son côté, l’avocat de la défense a contesté cette thèse : « Il est à l’étranger pour des raisons de santé. Nous demandons un renvoi à huitaine afin de me permettre d’étudier le dossier. Il a droit à la défense. Dire qu’il est en fuite relève des allégations du camp adverse ».

En réplique, le parquet a soutenu : « Si le prévenu ne se présente pas, son avocat n’aura pas droit à la parole. Depuis 2022, le dossier était pendant devant la chambre d’instruction. Ce n’est qu’en 2025 qu’il a été évoqué. Nous estimons que ce dossier est en état d’être jugé. Au lieu de le renvoyer devant un juge, il faut qu’il soit débattu ».

Pour Me Pepe, représentant du bâtonnier : « En droit pénal guinéen, lorsque le prévenu est absent, son avocat ne doit pas prendre la parole. Toutefois, sa lettre de constitution peut être acceptée ».

S’agissant du renvoi, le parquet a sollicité un délai de deux mois afin de permettre aux enquêteurs d’identifier et d’enregistrer les biens immobiliers de Makhissa, tant à l’intérieur du pays qu’à l’étranger.

A l’issue des échanges, la cour a ordonné au gouverneur de la Banque centrale d’inviter les directeurs de toutes les banques primaires à vérifier l’existence de comptes ouverts au nom d’Aboubacar Makhissa Camara, de son épouse et de ses enfants, le cas échéant, et à fournir les relevés desdits comptes. Elle a également enjoint aux conservations foncières de Conakry et de Kindia, ainsi qu’à la DOCAD, d’identifier les biens immobiliers appartenant à Aboubacar Makhissa Camara, à son épouse et à ses enfants, avant de renvoyer l’affaire au 16 février prochain.

Balla Yombouno

Articles Similaires

Rolland Courbis : une perte ressentie jusqu’en Afrique

LEDJELY.COM

Réforme universitaire en Guinée : entre ambition et réalité

LEDJELY.COM

Le Groupe AGL en Guinée offre la retransmission gratuite des matchs des demi-finales et de la finale de la CAN

LEDJELY.COM

« Je n’ai jamais été directeur de Kaléah » : Bienvenu Lamah s’explique et interpelle le général Konaté

LEDJELY.COM

Coût de l’Internet en Guinée : Rose Pola Pricemou répond aux critiques

LEDJELY.COM

Présidentielle 2025 : Cellou Dalein Diallo dénonce un « désaveu » populaire et une participation « fictive »

LEDJELY.COM
Chargement....