Installé vendredi, le ministre de la Modernisation de l’Administration et de la Fonction publique, Faya François Bourouno, a annoncé un vaste programme de recrutement, notamment de 35 000 agents supplémentaires dans les secteurs clés de la santé et de l’éducation, afin de combler le déficit en personnel et renforcer les services publics.
Revenant sur la genèse de cette nouvelle architecture gouvernementale, Faya François Bourouno a expliqué que l’idée d’un département dédié à la modernisation de l’administration était déjà en réflexion avant la démission du précédent gouvernement.
« Il y a à peine une à deux semaines, j’échangeais avec mon Secrétaire général sur la nécessité d’une réorganisation institutionnelle tenant compte des ambitions de développement de notre pays. Nous avions identifié le besoin d’une véritable politique de planification et de gestion de la main-d’œuvre nationale, ainsi que la création d’un département spécifiquement chargé de la modernisation de l’administration et de la fonction publique. Une semaine plus tard, cette vision devenait réalité », a-t-il indiqué.
La modernisation de la gestion des ressources humaines de l’État s’est également traduite par la mise en place d’un fichier unique de gestion administrative et de la solde, permettant aujourd’hui de traiter des dossiers en moins de trente minutes, contre trois à six mois auparavant. Ces réformes ont permis de générer 300 milliards de francs guinéens d’économies en trois ans.
Autre annonce phare : le lancement de FUMBA, un outil d’intelligence artificielle conçu pour faciliter la gestion de la plateforme administrative et permettre une interaction directe avec l’ensemble des agents de l’État.
Les contrôles menés par l’Inspection générale de l’administration publique ont, en outre, permis d’identifier 3 369 agents fictifs dans les secteurs de la santé et de l’éducation, générant une économie budgétaire de 80 milliards de francs guinéens, tout en révélant des problèmes de redéploiement, avec près de 20 % de postes vacants dans certains ministères.
S’agissant de l’amélioration des conditions de vie des agents publics, le ministre a mis en avant plusieurs mesures concrètes : fiches de poste désormais généralisées dans les cabinets ministériels, couverture médicale prenant en charge jusqu’à 80 % des frais, augmentation de 35 % de la valeur du point d’indice, octroi de quatre échelons à partir de janvier 2025 et revalorisation significative des pensions de retraite.
La formation a également été érigée en priorité nationale, avec 7 922 agents formés, dont 2 788 femmes, et 800 agents bénéficiaires de formations certifiantes à l’Institut national de formation et de perfectionnement.
Malgré ces avancées, Faya François Bourouno a reconnu que l’administration guinéenne reste confrontée à des défis majeurs, notamment la lourdeur administrative, l’insuffisance de la décentralisation, le déficit de culture de performance et les besoins urgents en effectifs, en particulier dans la santé et l’éducation, où 35 000 agents supplémentaires sont nécessaires.
Aminata Camara


