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Gouvernance d’État, mutation et valeurs de la continuité dans l’action publique : entre permanence des institutions et impératifs de transformation

Résumé

Comment un État peut-il rester cohérent et efficace lorsqu’il traverse des changements profonds ? Cet article soutient que la continuité de l’action publique ne se produit pas automatiquement : elle est le résultat de valeurs ancrées dans les institutions — le respect des règles, l’impartialité, la mémoire de l’action passée, le sens du service public. L’analyse identifie trois piliers qui portent cette continuité, trois conditions qui permettent de la maintenir et trois pathologies qui apparaissent quand elle s’effondre. Les États qui traversent les mutations sans perdre leur efficacité sont ceux qui protègent leurs valeurs fondamentales tout en adaptant leurs méthodes.

Introduction

Tout État est confronté à une tension difficile à résoudre. D’un côté, il doit assurer une certaine stabilité : les citoyens ont besoin de règles prévisibles, de services qui fonctionnent et d’institutions en lesquelles ils peuvent avoir confiance sur le long terme. De l’autre, il doit s’adapter en permanence à un monde qui change : crises économiques, transitions politiques, pressions internationales, nouvelles attentes sociales. Comment rester cohérent tout en se transformant ? C’est la question centrale de cet article.

Cette tension n’est pas récente. Montesquieu remarquait déjà, au XVIIIe siècle, que les lois d’un pays doivent correspondre à la réalité de ce pays, et qu’il est rare que celles d’une nation puissent être simplement copiées par une autre[1]. Tocqueville, au siècle suivant, observait que les démocraties sont condamnées à réformer sans cesse leurs institutions, au risque de les affaiblir à force de les modifier[2]. Max Weber, de son côté, avait montré que la solidité d’un État repose sur des règles permanentes qui dépassent les individus : un fonctionnaire peut partir, mais l’institution, elle, continue[3].

Aujourd’hui, cette question se pose avec une force particulière. La mondialisation impose des normes venues de l’extérieur. Les organisations internationales pèsent sur les décisions nationales. De nombreux pays, notamment en Afrique, traversent des transitions politiques parfois brutales. Des crises sanitaires, climatiques ou financières surgissent sans prévenir. Dans ce contexte, maintenir une action publique cohérente et efficace est un défi majeur pour tout gouvernement.

Notre thèse est simple : la continuité de l’action publique — c’est-à-dire la capacité d’un État à fonctionner de manière cohérente malgré les changements — ne se produit pas toute seule. Elle n’est pas non plus une simple affaire de procédures administratives. Elle est le résultat de valeurs profondément ancrées dans les institutions : le respect des règles, l’impartialité, la mémoire de ce qui a été fait, le sens du service rendu aux citoyens. Sans ces valeurs, chaque changement de gouvernement risque de tout remettre à zéro, au détriment de l’efficacité de l’État et de la confiance des citoyens.

Pour développer cette thèse, l’article est organisé en deux parties. La première explique les trois concepts clés — gouvernance, mutation institutionnelle et continuité — en les définissant de manière claire et en montrant comment ils s’articulent. La seconde examine comment ces valeurs de continuité fonctionnent concrètement, dans quelles conditions elles se maintiennent, et ce qui se passe quand elles disparaissent.

Gouvernance, mutation et continuité : clarification des concepts

Avant d’aller plus loin, il est nécessaire de définir précisément les termes que nous utilisons. Trois notions sont au cœur de cet article : la gouvernance d’État, la mutation institutionnelle et la continuité. Les comprendre clairement est indispensable pour saisir l’argument qui suit.

La gouvernance d’État : bien plus que le simple exercice du pouvoir

Le mot « gouvernance » est aujourd’hui utilisé partout, souvent de manière vague[4]. Il est donc important de préciser ce que l’on entend par là dans cet article.

La gouvernance d’État, c’est l’ensemble des mécanismes par lesquels une autorité publique prend des décisions, les met en oeuvre et justifie son action auprès des citoyens[5]. Ce n’est pas simplement le fait de gouverner — c’est-à-dire d’exercer le pouvoir. C’est aussi la manière dont ce pouvoir est exercé : est-il respectueux des règles ? Est-il transparent ? Est-il au service de l’intérêt général ?

Le politologue Pierre Rosanvallon distingue trois sources de légitimité pour un gouvernement[6]. La première est la légitimité électorale : un gouvernement est légitime parce que les citoyens l’ont élu. La deuxième est la légitimité d’impartialité : les institutions sont légitimes si elles traitent tout le monde de façon égale, sans favoritisme. La troisième est la légitimité de réflexivité : un gouvernement gagne la confiance en montrant qu’il est capable de reconnaître ses erreurs et d’en tirer des leçons[7]. Une gouvernance solide s’appuie sur ces trois sources à la fois.

Dans de nombreux pays africains, cet équilibre est difficile à atteindre. Les élections sont souvent contestées. Les services publics fonctionnent parfois selon des logiques de favoritisme plutôt que d’impartialité. Et l’évaluation sérieuse des politiques publiques reste rare[8]. C’est précisément pourquoi la continuité de l’action publique y est si importante : lorsque la légitimité politique est fragile, la continuité des institutions devient le principal facteur de confiance pour les citoyens[9].

La mutation institutionnelle : quand les changements transforment l’État en profondeur

Parler de mutation institutionnelle, c’est parler de changements qui ne sont pas superficiels. Ce ne sont pas de simples ajustements de procédures. Ce sont des transformations qui modifient en profondeur la façon dont une institution fonctionne, ce qu’elle fait et pourquoi elle existe[10]. Ces mutations peuvent être soudaines — une révolution, un coup d’État, une crise économique grave — ou progressives, presque invisibles au quotidien[11].

Les chercheurs Mahoney et Thelen ont identifié quatre façons dont les institutions changent en profondeur[12]. La première est le déplacement : une ancienne règle est remplacée par une nouvelle. La deuxième est la sédimentation : de nouvelles règles s’ajoutent aux anciennes sans que celles-ci disparaissent, créant des couches superposées parfois contradictoires. La troisième est la conversion : une institution garde la même forme mais sert désormais à autre chose. La quatrième est la dérive : les règles restent en place, mais le contexte change tellement qu’elles ne correspondent plus à la réalité[13]. Chacun de ces modes de changement a des effets différents sur la continuité de l’action publique.

Il faut souligner une chose essentielle : toutes les mutations ne sont pas problématiques. Certaines réformes profondes peuvent très bien être conduites en préservant ce qui est essentiel dans le fonctionnement de l’État[14]. La question n’est pas de savoir s’il faut changer ou non, mais de savoir comment changer sans désorganiser ce qui fonctionne. C’est ce que les spécialistes appellent la résilience institutionnelle : la capacité d’une institution à absorber les chocs sans perdre sa raison d’être[15].

La continuité de l’action publique : de quoi parle-t-on vraiment ?

La continuité de l’action publique est un principe reconnu dans de nombreux systèmes juridiques. En France, par exemple, le Conseil d’État a posé dans l’arrêt Winkell de 1909 le principe selon lequel certains services de l’État — la défense, la justice, l’eau potable — ne peuvent pas être interrompus, même en cas de grève[16]. Cette conception juridique est importante, mais elle ne dit pas tout. Elle se limite à l’idée que les services ne doivent pas s’arrêter. Elle ne dit rien sur la qualité de l’action publique, sur ses valeurs, sur son orientation.

En science politique, la continuité signifie quelque chose de plus profond. C’est la capacité d’un État à maintenir une ligne directrice cohérente dans son action, même quand les gouvernements changent, même quand les priorités évoluent[17]. Cela ne veut pas dire que rien ne doit changer. Cela signifie que certaines choses fondamentales doivent rester stables : les règles du jeu, les engagements pris envers les citoyens, l’éthique des agents publics[18]. Les États qui réussissent à traverser les crises sans perdre leur efficacité sont ceux qui savent faire la différence entre ce qui peut évoluer — les méthodes, les outils, les priorités — et ce qui doit rester — les valeurs, les principes, la mission de service public.

Pour être plus précis, nous proposons de distinguer trois niveaux de continuité. La continuité fonctionnelle : les services essentiels fonctionnent. La continuité normative : les règles sont stables et prévisibles, les citoyens savent à quoi s’en tenir. La continuité axiologique : les valeurs qui guident l’action publique — équité, transparence, intérêt général — restent les mêmes au-delà des alternances politiques. C’est ce troisième niveau qui est au coeur de notre analyse.

Les valeurs de la continuité : comment elles fonctionnent, pourquoi elles s’effacent

Maintenant que les concepts sont posés, il s’agit d’examiner la réalité concrète. Comment les valeurs de continuité se maintiennent-elles dans l’action publique ? Quelles conditions sont nécessaires pour qu’elles durent ? Et que se passe-t-il quand elles disparaissent ?

Les trois piliers qui portent la continuité

La continuité axiologique ne se décrète pas par un texte de loi. Elle se construit et se transmet à travers des institutions concrètes. On peut en identifier trois qui jouent un rôle essentiel : une fonction publique professionnelle, une mémoire institutionnelle entretenue, et des organes de contrôle indépendants.

Le premier pilier est la fonction publique. Max Weber avait compris, il y a plus d’un siècle, que la permanence de l’État repose sur ses fonctionnaires[19]. Un ministre peut partir ; un directeur général peut être remplacé. Mais si les agents de l’État sont compétents, formés et protégés contre les pressions politiques, ils assurent la continuité du travail quotidien. Hugh Heclo a montré, en comparant les hautes administrations britannique et suédoise, que les systèmes qui recrutent leurs fonctionnaires sur la base du mérite — et non sur celle de l’appartenance politique — produisent une mémoire collective de l’action publique que les autres systèmes sont incapables de constituer.[20] En clair : une administration professionnelle est une assurance contre l’amnésie politique.

Le deuxième pilier est la mémoire institutionnelle. Les administrations accumulent au fil du temps une connaissance précieuse : comment tel problème a été résolu dans le passé, quels partenaires ont été impliqués, quelles erreurs ont été commises. Walsh et Ungson ont montré que cette mémoire n’est pas seulement dans la tête des fonctionnaires expérimentés.[21] Elle est aussi inscrite dans les procédures écrites, les archives, les habitudes de travail, la culture d’une organisation.[22] Quand une réforme ou une crise détruit cette mémoire — par exemple en remplaçant massivement le personnel ou en supprimant des services entiers sans transition —, l’État perd une partie de sa capacité à agir efficacement. Il doit repartir de zéro, au prix d’erreurs évitables.

Le troisième pilier est constitué par les organes de contrôle indépendants : cours des comptes, autorités de régulation, médiateurs, inspections générales. Leur rôle est souvent perçu comme négatif — ils sanctionnent, ils bloquent, ils contraignent.[23] En réalité, ils jouent un rôle fondamental dans la continuité. En obligeant chaque gouvernement à justifier ses décisions devant des instances qui ne lui sont pas soumises, ils créent une forme de mémoire normative : les engagements pris hier continuent de peser sur les décisions d’aujourd’hui.[24] Affaiblir ces institutions — par des nominations partisanes, des coupes budgétaires ou une instrumentalisation politique — c’est donc fragiliser la continuité de l’État lui-même.

Les trois conditions pour que la continuité dure

Ces trois piliers ne suffisent pas à eux seuls. Pour que la continuité s’installe durablement, trois conditions doivent être réunies.

La première condition est que les règles soient perçues comme légitimes. Un cadre juridique, même bien conçu sur le plan technique, ne produit aucun effet réel si les personnes qu’il est censé encadrer ne le reconnaissent pas comme juste. La crise de nombreuses administrations africaines dans les années 1980 illustre bien ce problème : les textes existaient, les organigrammes étaient en place, mais les agents ne respectaient plus les procédures parce qu’ils n’y croyaient plus.[25] Une administration peut être formellement continue et réellement paralysée.

La deuxième condition est la capacité à apprendre de l’expérience. Argyris et Schön ont montré qu’il existe deux niveaux d’apprentissage dans une organisation.[26] Le premier consiste à corriger les erreurs sans remettre en question les méthodes : on fait mieux ce qu’on faisait déjà. Le second — qu’ils appellent le double-loop learning — consiste à remettre en cause les façons de faire elles-mêmes quand elles ne fonctionnent plus. Les administrations capables de ce second niveau d’apprentissage sont bien mieux armées pour traverser les mutations sans perdre leur cohérence. Cela suppose d’évaluer sérieusement les politiques publiques, de tirer les leçons des expériences passées et de ne pas répéter indéfiniment les mêmes erreurs.

La troisième condition est l’existence d’un leadership administratif solide. Ce n’est pas le même chose que le leadership politique. Le dirigeant politique fixe les orientations générales. Le haut fonctionnaire, lui, assure la traduction de ces orientations en actions concrètes, en veillant à ne pas sacrifier les valeurs du service public sur l’autel des intérêts partisans. Des études menées sur des réformes administratives en Afrique subsaharienne montrent que les réformes qui réussissent sont presque toujours portées par ce type de profil : des cadres administratifs capables de dialoguer avec le politique sans se laisser instrumentaliser.[27][28]

Quand la continuité s’effondre : trois pathologies connues

Quand ces piliers et ces conditions font défaut, trois pathologies typiques apparaissent. Elles ont été documentées dans de nombreux contextes et constituent autant de signaux d’alarme pour la gouvernance.

La première est la capture de l’administration. Il s’agit du phénomène par lequel l’appareil d’État cesse de servir l’intérêt général pour servir des intérêts particuliers : ceux d’une famille, d’un parti, d’un groupe ethnique ou d’un réseau d’affaires. L’économiste George Stigler a théorisé ce mécanisme dès 1971 à propos des agences de régulation économique.[29] Des travaux plus récents ont montré que ce phénomène touche l’ensemble de l’administration publique dans de nombreux pays.[30] Ce qui est particulièrement grave dans ce cas, c’est que les institutions semblent fonctionner normalement de l’extérieur — les bureaux sont ouverts, les tampons sont posés — mais leur substance a disparu. La continuité est une façade.

La deuxième pathologie est l’amnésie institutionnelle. Elle se produit quand une rupture brutale détruit la mémoire collective d’une administration. L’exemple le plus documenté est celui de l’Irak après 2003 : la décision américaine de dissoudre l’administration publique irakienne — en renvoyant des dizaines de milliers de fonctionnaires en quelques semaines — a créé un vide organisationnel massif dont les conséquences ont été catastrophiques pour la gouvernance du pays.[31] En Afrique, les programmes d’ajustement structurel imposés dans les années 1980 et 1990 ont produit des effets similaires, en réduisant massivement et sans discernement les effectifs de la fonction publique.[32] Dans les deux cas, la continuité a été brisée non par la malveillance, mais par l’absence de réflexion sur ce qui méritait d’être préservé.

La troisième pathologie est la fragmentation normative. Elle désigne la situation dans laquelle un État accumule tellement de textes, de structures et de procédures — souvent issus de réformes successives mal coordonnées — qu’il devient impossible de savoir quelle règle s’applique et qui est responsable de quoi.[33] Cette situation est fréquente dans les pays qui ont reçu simultanément des prescriptions contradictoires de la part de plusieurs bailleurs de fonds internationaux. Le résultat est paradoxal : l’État produit des règles en abondance, mais ces règles ne forment plus un système cohérent. La continuité normative est rompue, non par absence de textes, mais par excès de textes incompatibles entre eux.

Trois principes pour construire une gouvernance de la continuité

Ces analyses permettent de dégager trois principes pratiques pour construire une gouvernance capable de maintenir sa cohérence face aux mutations. Ces principes ne sont pas des recettes universelles — chaque contexte est différent — mais des orientations que l’expérience comparative valide.

Le premier principe est celui de la réforme séquencée. Avant de lancer une réforme profonde, il faut identifier clairement ce qui est essentiel dans le fonctionnement actuel de l’État et veiller à le protéger pendant la transition. Merilee Grindle appelle cela le good enough governance — ce qu’on pourrait traduire par « une gouvernance suffisamment bonne ».[34] L’idée n’est pas d’atteindre la perfection institutionnelle avant d’agir. C’est de s’assurer que les fonctions minimales de l’État — sécurité, justice, services de base — continuent de fonctionner tout au long du processus de transformation.

Le deuxième principe est celui de la mémoire active. Un État qui souhaite maintenir sa continuité doit investir dans des dispositifs concrets de capitalisation du savoir administratif : des archives accessibles et vivantes, des procédures de passation de service entre agents, des évaluations régulières des politiques conduites. La mémoire institutionnelle ne se conserve pas toute seule. Elle demande un effort délibéré, des ressources et une culture organisationnelle qui valorise le retour d’expérience.

Le troisième principe est celui de la cohérence normative. Face à la multiplication des sources de règles — lois nationales, directives régionales, conditionnalités des bailleurs, normes internationales —, l’État doit se doter de mécanismes qui permettent d’harmoniser ces textes, de résoudre les contradictions et de maintenir une hiérarchie claire entre les normes. Ce travail de mise en cohérence juridique est souvent perçu comme technique et peu valorisé. Il est pourtant l’une des conditions les plus importantes de la continuité de l’action publique.

Conclusion

Au terme de cette analyse, la thèse initiale peut être reformulée de façon plus précise. La continuité de l’action publique n’est pas synonyme d’immobilisme. Ce n’est pas le refus de changer. C’est, au contraire, la capacité d’un État à se transformer sans perdre ce qui le rend utile et digne de confiance : ses valeurs fondamentales, ses engagements envers les citoyens, l’éthique de ses agents.

Cette capacité repose sur trois piliers — une fonction publique professionnelle, une mémoire institutionnelle entretenue, des organes de contrôle indépendants — et sur trois conditions : la légitimité des règles, la capacité à apprendre, et un leadership administratif solide. Quand ces piliers et ces conditions font défaut, trois pathologies apparaissent : la capture de l’administration par des intérêts particuliers, l’amnésie institutionnelle, et la fragmentation des normes.

La leçon pratique qui s’en dégage est exigeante pour les décideurs politiques. Elle leur demande de respecter et de renforcer les institutions qui, parfois, les contraignent. Elle leur demande de résister à la tentation de tout reconstruire à partir de zéro à chaque changement de gouvernement. Elle leur demande, en somme, de comprendre que leur efficacité à court terme dépend de la robustesse des institutions sur le long terme.

Des recherches futures devraient examiner plus en détail ces mécanismes dans des contextes de transition politique précis — notamment en Afrique de l’Ouest, où les changements récents offrent un terrain d’observation particulièrement riche. Il serait également utile d’explorer comment les acteurs locaux — communes, agences de régulation, organisations de la société civile — contribuent à la continuité à leur niveau, parfois en compensant les défaillances de l’État central.

En définitive, la continuité n’est pas l’ennemi du changement. Elle en est la condition. Un État qui change sans continuité ne se réforme pas : il se désorganise.

AMADOU BAH

Diplômé de Sciences Po Grenoble — Spécialité : Gouvernance, Politiques publiques et Action internationale

Bibliographie

Ouvrages

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Articles et contributions

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Jurisprudence

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[1] Montesquieu, De l’esprit des lois, Genève, Barillot et Fils, 1748, Livre I, chap. 3

[2] Alexis de Tocqueville, De la démocratie en Amérique, Paris, Gosselin, 1840, t. II

[3] Max Weber, Économie et société, trad. fr. Julien Freund et al., Paris, Plon, 1971 [1921].

[4] R. A. W. Rhodes, « The New Governance : Governing without Government », Political Studies, vol. 44, n° 4, 1996, p. 652-667.

[5] Jacques Chevallier, L’État post-moderne, Paris, LGDJ, 2003.

[6] Pierre Rosanvallon, La légitimité démocratique. Impartialité, réflexivité, proximité, Paris, Le Seuil, 2008.

[7] P. Rosanvallon, La légitimité démocratique, op. cit.

[8] Jean-François Bayart, L’État en Afrique. La politique du ventre, Paris, Fayard, 1989.

[9] Michael Bratton, Nicolas van de Walle, Democratic Experiments in Africa. Regime Transitions in Comparative Perspective, Cambridge, Cambridge University Press, 1997.

[10] Douglass C. North, Institutions, Institutional Change and Economic Performance, Cambridge, Cambridge University Press, 1990.

[11] Paul Pierson, « Increasing Returns, Path Dependence, and the Study of Politics », American Political Science Review, vol. 94, n° 2, 2000, p. 251-267.

[12] James Mahoney, Kathleen Thelen (dir.), Explaining Institutional Change. Ambiguity, Agency, and Power, Cambridge, Cambridge University Press, 2010.

[13] Ibid

[14] Ariel Boin, Paul ‘t Hart, « Public Leadership in Times of Crisis : Mission Impossible? », Public Administration Review, vol. 63, n° 5, 2003, p. 544-553.

[15] Steven Levitsky, María Victoria Murillo, « Variation in Institutional Strength », Annual Review of Political Science, vol. 12, 2009, p. 115-133.

[16] Conseil d’État (France), arrêt Winkell, 7 août 1909, Recueil Lebon, p. 826

[17] Hugh Heclo, A Government of Strangers. Executive Politics in Washington, Washington D.C., Brookings Institution Press, 1977.

[18] Joel D. Aberbach, Robert D. Putnam, Bert A. Rockman, Bureaucrats and Politicians in Western Democracies, Cambridge, Harvard University Press, 1981

[19] Max Weber, Économie et société, op. cit

[20]Hugh Heclo, Modern Social Politics in Britain and Sweden. From Relief to Income Maintenance, New Haven, Yale University Press, 1974.

[21]James P. Walsh, Gerardo R. Ungson, « Organizational Memory », Academy of Management Review, vol. 16, n° 1, 1991, p. 57-91.

[22]J. P. Walsh, G. R. Ungson, « Organizational Memory », op. cit.

[23]Carlo Guarnieri, Patrizia Pederzoli, The Power of Judges. A Comparative Study of Courts and Democracy, Oxford, Oxford University Press, 2002.

[24]Daniel Kaufmann, Aart Kraay, Massimo Mastruzzi, Governance Matters VIII : Aggregate and Individual Governance Indicators 1996-2008, World Bank Policy Research Working Paper n° 4978, Washington D.C., 2009.

[25]G. Blundo, J.-P. Olivier de Sardan (dir.), État et corruption en Afrique, Paris, APAD/Karthala, 2007.

[26]Chris Argyris, Donald A. Schön, Organizational Learning. A Theory of Action Perspective, Reading (MA), Addison-Wesley, 1978.

[27]Kithinji Kiragu, Gelase Mutahaba, « Public Service Reform in Sub-Saharan Africa : An Overview of Issues and Challenges », Public Administration and Development, vol. 26, n° 3, 2006, p. 185-196.

[28]Goran Hyden, African Politics in Comparative Perspective, 2e éd., Cambridge, Cambridge University Press, 2013.

[29]George Stigler, « The Theory of Economic Regulation », Bell Journal of Economics and Management Science, vol. 2, n° 1, 1971, p. 3-21.

[30]Daniel Kaufmann, Aart Kraay, Massimo Mastruzzi, Governance Matters VIII, World Bank Policy Research Working Paper n° 4978, Washington D.C., 2009.

[31]Thomas E. Ricks, Fiasco. The American Military Adventure in Iraq, New York, Penguin Press, 2006.

[32]Thandika Mkandawire, « Thinking about Developmental States in Africa », Cambridge Journal of Economics, vol. 25, n° 3, 2001, p. 289-314.

[33]Giorgio Blundo, Jean-Pierre Olivier de Sardan (dir.), État et corruption en Afrique, Paris, APAD/Karthala, 2007.

[34]Merilee S. Grindle, « Good Enough Governance : Poverty Reduction and Reform in Developing Countries », Governance, vol. 17, n° 4, 2004, p. 525-548.

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