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MALI/DROUKDEL : Barkhane sauvera-t-elle le soldat IBK ?

Les deux événements ne sont en apparence pas liés. La mort, le mercredi 3 juin 2020, d’Abdelmalek Droukdel, le chef d’Al-Qaida au Magrhreb islamique (Aqmi) et la grosse mobilisation que l’opposition malienne a réussie, quatre-huit heures plus tard, sur la place de l’indépendance au cœur de Bamako peuvent se rejoindre cependant. De fait, pour le président malien dont le départ est exigé par les manifestants de vendredi dernier, la victoire que viennent de remporter les forces françaises de l’opération Barkhane avec la mort du leader d’Aqmi et l’arrestation de certains de ses lieutenants, passe pour un ouf de soulagement. En effet, si de nombreux griefs sont reprochés au président malien, le plus insoluble de ses problèmes demeure la lancinante crise sécuritaire sur fond de récurrentes attaques terroristes et d’affrontements intercommunautaires dans le centre et le nord du pays. Des dernières victoires de Barkhane, IBK peut donc légitimement espérer un sursis. Mais il n’est pas sûr que ces adversaires, sûrs de leur fait et ayant le vent en poupe, l’entendent de cette oreille-là.

L’annonce de la mort d’Abdelmalek Droukdel a dû arracher le sourire autant à Emmanuel Macron qu’à son homologue malien, Ibrahim Boubacar Keïta. Si pour le premier, la disparition du leader djihadiste est un message d’espoir quant à l’issue heureuse de cette guerre complexe que la France livre depuis des années dans le Sahel, pour le second, la neutralisation de Droukdel s’apparente surtout à une bouée de sauvetage. Bouée de sauvetage à laquelle peut se raccrocher un IBK dont le navire prend l’eau de toutes parts. Et toute la question est celle de savoir s’il saura s’en servir pour rejoindre le rivage ou si au contraire, il sera englouti par la tempête qui s’annonce ?

Le plus grand reproche qui est fait au président malien et autour duquel tout le monde s’accorde, c’est son incapacité à faire face à la crise sécuritaire dans laquelle son pays reste plongé depuis qu’il est aux affaires. S’il est vrai qu’il a hérité de la situation, force est de constater qu’il n’aura pas fait grand-chose pour améliorer celle-ci. Comme en 2013, quand il est arrivé à la tête du pays, le pays demeure toujours en proie à de régulières attaques terroristes. Une bonne partie du pays – en fait le nord et le centre – est aux mains d’un conglomérat formé à la fois de groupes terroristes et de délinquants en tous genres. Sur fond d’affrontements particulièrement meurtriers, les communautés dogon et peul se regardent en chiens de faïence. Abandonnées par l’Etat, les populations vivant dans les zones désertées par ce dernier, subissent par ailleurs l’extinction de fait des activités économiques. Déjà pauvres avant la crise, elles le sont à l’extrême aujourd’hui. Autant de choses qui commencent à agacer et à exaspérer les Maliens dans leur ensemble, et l’opposition malienne en particulier. D’autant qu’ils perçoivent une forme de fatalisme de la part des autorités vis-à-vis de cette insoutenable situation.

Pis, les Maliens, au-delà de la crise sanitaire et des ses nombreuses répercussions sur leur quotidien, en veulent à leurs dirigeants. Alors que le pays n’a plus assez de ressources pour faire face aux nombreux défis qui se posent à lui, les citoyens dénoncent la gouvernance actuelle. Non contents de leur incapacité à restaurer l’ordre et la quiétude dans le pays, IBK et l’administration qu’il a mise en place baigneraient dans la corruption et le népotisme. De même, au lieu de fédérer les énergies et construire un front commun contre le mal auquel fait face le pays, IBK se préoccupe davantage de réduire au silence ceux qui osent s’en prendre à sa politique. A l’inverse, on le soupçonne de ne pas faire assez pour la libération de Soumaïla Cissé, le chef de file de l’opposition, aux mains de ses ravisseurs depuis plus de deux mois.

Comme on le voit, la liste des reproches faits au président malien est très longue. Bien sûr, sur le front sécuritaire, il peut espérer tirer profit de la mort d’Abdelmalek Droukdel. Mais ce facteur-là n’agira certainement pas seul. Du moins, s’il veut que l’impact sur la durée. A l’interne, les autorités maliennes devront descendre de leur piédestal pour se montrer à l’écoute de la population qu’elles devront par ailleurs rassurer. Il ne sert à rien en particulier pour le président malien de s’emmurer dans la tour du palais de Koulouba et de feindre ne pas savoir que la colère gronde, tout autour. Cette politique de l’autruche ne suffira pas à sauver le président malien, même s’il est encore à trois ans de la fin théorique de second mandat.

Boubacar Sanso BARRY

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