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MALI-COTE D’IVOIRE : après l’orage, le beau temps ?

Il y a quelques jours encore, il était la cible de la blogosphère ivoirienne. Mais à en croire nos confrères de Jeune Afrique, il n’est pas exclu que le colonel Assimi Goïta soit prochainement reçu en visite officielle à Abidjan. Que l’eût cru il y a un mois à peine, au lendemain du dernier sommet de la CEDEAO ? A l’époque, on en était toujours au bras de fer et à la logique du rapport de force entre les deux pays au sujet des 46 soldats que Bamako assimilait à des « mercenaires » et qu’elle détenait depuis le mois de juillet dernier. D’où une des résolutions du sommet qui fixait un ultimatum aux autorités maliennes pour la libération des soldats ivoiriens. Mais décidément, cette période empreinte de grisaille dans les relations diplomatiques entre la Côte d’Ivoire et son autre voisin du nord, est désormais révolue. Les ex-détenus ayant recouvré leur liberté, Assimi Goïta et ses camarades d’armes sont subitement courtisés par Alassane Ouattara. C’est à croire que la grâce que le président malien a accordée aux militaires ivoiriens efface tout le reste. Y compris le fait qu’il soit putschiste. Si l’attitude peut être perçue comme dictée par le réalisme, elle n’est cependant pas sans risques.

Ne pas céder au chantage

Que la Côte d’Ivoire et le Mali entretiennent des relations cordiales, quoi de plus normal ? Ce serait même formidable, dans l’intérêt des deux peuples et dans celui de l’intégration africaine. Que Alassane Ouattara veuille exprimer sa gratitude aux autorités maliennes pour le dénouement à la crise liée aux 46 soldats ivoiriens libérés le samedi dernier, cela aussi serait plutôt compréhensible. Mais les autorités ivoiriennes ne doivent pas néanmoins donner l’impression de céder à un chantage. Or, c’est exactement l’impression que nous avons depuis quelques jours. Et plus inquiétant encore, nous avons surtout l’impression que dans la crise qui les oppose à la CEDEAO, les responsables des trois pays en transition dans la sous-région prennent une certaine ascendance et imposent de plus en plus leurs vues et leurs agendas. Même s’il semble que sur la question, tous les chefs d’Etat n’ont pas le même point de vue.

Toutes sortes de concession

Bien sûr, on a conscience que ce ne doit pas être évident pour la CEDEAO de gérer trois transitions, avec à leur tête, des militaires tout aussi inexpérimentés que décomplexés et qui sont particulièrement portés sur le populisme politique. L’équation étant particulièrement rendue complexe par le fait que deux de ces pays – le Mali et le Burkina Faso – sont en proie à un terrorisme islamiste face auquel les Etats semblent plus que jamais impuissants. Et pour ne rien arranger à ce contexte explosif et peu propice à la sérénité, il y a que la région toute entière se retrouve prise au piège de rivalités géopolitiques que l’on croyait révolues. Si l’on ajoute à tout cela la précarité socioéconomique qui fait que les populations sont d’une vulnérabilité qu’elles sont prédisposées à toutes sortes de manipulation, on admet que les choses ne sont pas nécessairement blanches ou noires. Bref, les cas du Mali, de la Guinée et du Burkina Faso doivent être préoccupants pour Abidjan, Abuja, Dakar ou …même Paris. La menace de la Russie peut amener à toutes sortes de concession.

Deux colonels et un capitaine

Pour autant, il ne faut jamais franchir certaines lignes. Aucun intérêt géopolitique ou même économique, ni aucun chantage ne devraient nous faire perdre le sens des principes. Or, que nous apprennent les principes ? Qu’un président issu d’un coup d’Etat ne doit jamais avoir droit aux mêmes égards qu’un dirigeant incarnant l’émanation populaire. Qu’un coup d’Etat n’est jamais à adouber. Parce qu’en déroulant le tapis rouge à un président putschiste, on en fait un héros et une référence qui doit inspirer. Quand on peine à maîtriser deux colonels et un capitaine, ce n’est certainement pas ce message-là qu’il convient d’envoyer aux autres militaires dans la région. A bon entendeur salut !

Boubacar Sanso Barry  

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