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Qu’Alpha Condé aille se soigner, c’est compréhensible ; mais qu’il se rende en Turquie, ça doit préoccuper !

Alpha Condé est donc de nouveau en dehors du pays. On ne peut dire que ce soit nécessairement une surprise. Tant ces dernières semaines, les nouvelles sur son état de santé n’étaient pas des plus rassurantes. En soi, ce n’est pas si mal de le laisser aller se soigner. Par contre, que la Turquie soit la destination qui ait été choisie, ça a de quoi préoccuper. Il serait même légitime de s’en inquiéter. Aussi bien pour les besoins de justice que par rapport à la conduite sereine de la Transition.

Des raisons humanitaires et pragmatiques

On n’imagine bien qu’il y a des Guinéens qui n’approuvent même pas l’idée qu’on ait permis à Alpha Condé de sortir. Se référant au sort peu enviable que le même Alpha Condé a réservé il n’y a pas si longtemps à ceux qui lui étaient opposés, ceux-là sont partisans de la loi de Talion. Œil pour œil, dent pour dent. Mais l’avenir d’un pays ne se construit pas sur les passions et les ressentiments. En dépit de tout ce qu’on peut reprocher à l’ancien président, il demeure un être humain auquel il est reconnu un certain nombre de droits, dont celui à la santé. Par ailleurs, d’un point de vue réaliste, il convient d’admettre que le CNRD n’avait aucun intérêt à continuer à garder l’ancien chef de l’Etat à Conakry, alors que son état de santé exigeait qu’il soit évacué à l’étranger. En effet, on ne sait jamais comment auraient réagi ses partisans si quelque chose lui était arrivé entre temps. Quand on sait que parmi les inconditionnels de l’ancien chef de l’Etat, on en a qui ne digèrent toujours pas qu’il ait été déchu du pouvoir, on peut imaginer leur état d’âme si le pire s’était produit. Bref, il était vital pour les nouvelles autorités de ne pas faire dans la sourde oreille en maintenant Alpha Condé en Guinée. Cette attitude-là n’aurait pas été sans risque. Il en découle que le choix qui été fait est parfaitement compréhensible.

Coudées franches

Mais le CNRD et le colonel Mamadi Doumbouya auraient dû peser pour que ce soient eux qui déterminent la destination. Il semble d’ailleurs, à en croire nos confrères de RFI, que les autorités guinéennes tenaient à ce que ce soit une nouvelle fois les Emirats Arabes Unis. Mais Alpha Condé a exigé et obtenu que ce serait plutôt la Turquie de son ami Erdogan. Rendu fébrile par le récent rapprochement improbable entre l’UFDG et le RPG et la perspective de prochaines manifestations, le CNRD a fini par abdiquer. Et justement, c’est de là que procède la préoccupation. On imagine bien qu’Alpha Condé n’a pas choisi Ankara, parce que les médecins d’Abu Dhabi seraient moins compétents pour le prendre en charge. Sa proximité avec le président turc et la conviction que ce dernier serait plus sensible à son plaidoyer ont dû également compter. En particulier, il y a des chances que le président Alpha Condé ne puisse plus revenir de force en Guinée, même quand il sera rétabli. Et donc, les risques qu’il puisse se soustraire à la procédure judiciaire qui vient d’être engagée à son encontre, sont plus grands. Par ailleurs, l’ancien président, si tel est son désir, peut être une menace pour la Transition en étant en Turquie. En tout cas, au côté du président turc, il aura notamment les coudées plus franches pour éventuellement piloter la réorganisation de son parti. Bien sûr, on pourrait rétorquer que les intérêts entre les Etats sont au-delà de l’amitié entre les individus. Et qu’en conséquence, via les investissements turcs en Guinée, les autorités de la Transition ont toujours de quoi faire fléchir Erdogan. Soit. Mais le président turc est de ces dirigeants qui peuvent avoir plus d’un tour dans leur sac. Or, Alpha Condé en Turquie peut facilement reprendre langue avec Moscou. Il peut aussi renouer avec certains amis à lui en Chine.

Menace sérieuse

Bien sûr, cela demeure une hypothèse parmi tant d’autres. Mais il en résulte qu’Alpha Condé peut tirer profit de sa sortie pour au mieux se positionner comme un acteur majeur du reste de la transition. Et au pire, pour en être une menace sérieuse.

Boubacar Sanso Barry

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