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TCHAD : la succession dynastique plus que jamais consacrée

Était-ce de l’espoir légitime ou une naïveté impardonnable ? En tout cas, il y en a qui avaient cru que le général Mahamat Idriss Deby Itno nous surprendrait en se contentant de conduire la transition consécutive à la disparition de son père. Qu’au terme de cette période d’exception, il blufferait tout le monde en organisant des élections libres et transparentes auxquelles il ne prendrait pas part et à l’issue desquelles un autre serait élu comme président. Eh bien, on a eu tout faux. Tout au contraire, ce qui se prépare au Tchad, c’est la succession du père par le fils. Et rien, ni personne ne semble pouvoir s’y opposer. Or, il faut craindre que ce schéma ne fasse tache d’huile dans les autres pays en transition dans la zone ouest-africaine. D’autant que la clémence voire la complaisance de la communauté internationale à l’égard de N’Djamena pourrait coûter à cette dernière le peu de crédibilité qui lui reste encore. 

Le dialogue national, un instrument ?

Jeune, fringant et pas forcément va-t’en guerre dans ses sorties médiatiques Mahamat Idriss Déby aurait bien pu créer la surprise. Il aurait bien pu inscrire son nom dans l’histoire de son pays en donnant à ce dernier l’occasion de s’arrimer à un processus démocratique qui tienne la route et à une dynamique de développement véritablement inclusive. Mais cette option n’est manifestement pas celle qu’il préfère. Marchant sur les traces de feu son père, il veut s’accrocher au pouvoir. Et c’est du Dialogue national inclusif et souverain (DNIS) dont il se sert pour valider et faire avaliser ce désir de succession monarchique. Comme l’attestent du reste les conclusions du conclave pompeusement présenté comme le creuset de la refondation du pays.

Une transition prolongée de 2 ans

C’est ainsi qu’il résulte des résultats de ce laborieux dialogue que qu’Idriss Deby fils a désormais la latitude de nommer et démettre le premier ministre, à sa guise. D’ailleurs, à l’issue de ce dialogue, le Conseil militaire de Transition (CMT) est lui-même supprimé. Enfin, sans aucune ambiguïté possible, Mahamat Idriss Deby dispose surtout de la possibilité de se porter candidat pour la présidentielle qui interviendra à la fin de la Transition. Une transition qui se trouve elle-même prolongée d’ailleurs de 24 mois supplémentaires.

L’espoir bridé

Voilà qui referme l’espoir de voir le Tchad prendre la voie de la démocratie. D’autant qu’on peut s’attendre à ce que le fils, imitant son défunt père, demeure-lui aussi à la tête du pays jusqu’à ce que mort s’en suive. Mais sur le court terme, il n’y a pas que le Tchad qui en sera affecté. Il faut craindre en effet qu’en Guinée, au Mali et au Burkina Faso, on ne cède à la même tentation non seulement de prolongation de la transition, mais aussi celle de briguer la présidence au terme de la période d’exception. Surtout que dans ces trois pays, ceux qui sont aux affaires ne s’entendent pas nécessairement avec les acteurs qui animent l’espace politique, ni avec les dirigeants de  la CEDEAO. Or, si jamais Mamadi Doumbouya, Assimi Goïta ou encore le tout dernier Ibrahim Traoré étaient tentés par ce qui se passe au Tchad, qui pourrait les en dissuader ? Pas grand monde.

Des conséquences bien lointaines

Surtout pas la France. Déjà, sur ce dossier tchadien, l’incohérence d’Emmanuel Macron s’est éloquemment manifestée. Il s’y ajoute que depuis, le président français passe pour le diable en personne aux yeux de la quasi totalité de l’opinion publique malienne. A Ouagadougou non plus, la France n’a pas que des amis. Comme on l’a vu dans le sillage du coup d’Etat qui vient d’y renverser le colonel Damiba. En Guinée, le sentiment anti-français n’est pas si vif, mais n’importe quel prétexte pourrait subitement le réveiller. Or, derrière la France de Macron, c’est l’Union européenne et même par extension, tout l’Occident et ce qu’il est convenu d’appeler la Communauté internationale qui feraient face à la défiance des trois putschistes. Au lieu d’éteindre le feu, une pression venant de ces entités pourrait au contraire souffler sur les braises. Comme cela s’est du reste passé quand la France s’est mise à condamner le deuxième coup d’Etat malien, alors qu’elle adoubait la succession du président Idriss Deby par son fils.

Boubacar Sanso Barry

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