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N’zérékoré : un conflit latent menace le village de Zalenzou-Gbotoye

Les faits remontent au mois de novembre dernier. Quand le père de Djodéh Haba, l’ancien secrétaire général de la jeunesse de Gbotoye, il lui a été imposé de payer l’amende de 600 000 GNF, pour que les villages prennent part à l’enterrement de père. Il ne s’en acquitte pas et une grange importante des villageois boude les funérailles. Depuis, se sont constitués sur place deux camps qui se regardent en chiens de faïence et l’affrontement pourrait être préjudiciable à Gbotoye.  

L’amende infligée à Djodéh Haba est consécutive au fait que les villages ont établi le constant que lui ne se prend pas part aux cas sociaux du village. Or, une règle adoptée au niveau local stipule qu’en cas de décès dans une famille du village, il est même interdit aux gens de se rendre au champs. L’idée étant que tout le monde aille compatir à la douleur de la famille éplorée.

Quand, en novembre dernier, la participation aux funérailles de Djodéh Haba a divisé, à en croire Moïse Kolié, citoyen du village, « pour éviter que les choses ne dégénèrent, le président de district, Falikou Kolié, a demandé à ceux-là qui veulent partir creuser la tombe et d’assister à l’enterrement d’y aller et à ceux qui ne le voulaient pas de disposer. C’est cette décision du président qui n’a plu à Djodéh Haba. Après l’enterrement, il est parti porter plainte contre le président du village pour avoir saboté la dépouille de son père ».

Ce que les villageois, à leur tour, ont pris pour une défiance. « Suite à sa plainte, le village s’est retrouvé, pour mettre un embargo sur lui et sa famille. Il ne devait être en contact avec personne au village. Mais les autorités sous-préfectorales de Zalenzou, sont venues demander de lever la sanction et ont appel à revenir à de meilleurs sentiments. Mais à notre grande surprise, c’est un mandat d’amener qui a été décerné contre le président par la justice. Le monsieur a été interpellé, jugé et condamné à 12 mois de prison assorti de 6 mois de sursis. La justice lui reproche des faits de profanation d’un corps. Ce qui n’est pas vrai. Le plaignant qui est Djodéh Haba, est venu corrompre les autorités judiciaires et policières », explique encore Moïse Kolié.

Après la condamnation du chef du village, « le jeudi et le vendredi derniers, nos mamans sont venues pour demander la libération du président du village. Elles avaient occupé l’alentour de la justice pacifiquement à moitié nues. Les forces de l’ordre sont venues les disperser à coups de gaz lacrymogène où il y a eu 6 blessées. Nous n’allons pas baisser les bras jusqu’à la libération de notre président », menace notre interlocuteur.

Pour sa part, Djodéh Haba qui est jusque-là considéré comme persona non grata par certains citoyens de Gbotoye, se dit serein et reconnaît avoir porté plainte pour profanation du corps de son père par le président du district. « Si on en est là, c’est grâce au notable du village, Moriba Honomou qui, veut diviser les citoyens de ce village. Il ne veut pas qu’il y ait la paix ici. Le jour du décès de mon papa, ce monsieur s’est mis au beau milieu du village pour dire aux gens que personne ne devait mettre pieds au lieu du décès. Il a démobilisé tout le monde. Le président est venu lui aussi instruire aux jeunes de barrer la route pour ne pas laisser le corps passer. C’est pour cette raison que j’ai porté plainte pour profanation du corps. Quand il a été arrêté, le même Moriba Konomou, est venu dire au village que le président a été tué. Il fallait trouver ce jour au village, ma famille a été agressée notamment ma mère », se défend Djodéh Haba. Au sujet des accusations selon lesquelles il aurait corrompu la justice, il dément, catégorique : « Je n’ai jamais payé un franc à la justice pour corrompre qui que ce soit. D’ailleurs mon avocat avait demandé de régler ce problème en famille en disant au camp adverse de venir présenter les excuses à ma famille. Mais il n’a pas accepté c’est ainsi qu’on est allé au procès ».

Ainsi donc, chaque camp est fort de ses arguments et de sa vérité. Mais au regard de la tension qui prévaut, l’ancien maire de N’zérékoré, Cécé Loua, qui veut limiter les dégâts par le biais de la réconciliation, s’est rendu ce samedi 11 mai dans le village. Après plusieurs heures d’entretiens séparés avec les deux camps, le médiateur n’obtient aucun compromis des deux belligérants.

Niouma Lazare Kamano, correspondant régional pour ledjely.com

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