Dans une déclaration poignante rendue publique ce lundi, le Collectif des Stagiaires du Quotidien National Horoya dénonce une profonde injustice liée à leur exclusion du récent processus de recrutement à la Fonction publique. Ces jeunes journalistes, au service du média institutionnel depuis plusieurs années sans contrat ni statut, dénoncent un traitement discriminatoire, qu’ils jugent « structurel, injuste et inacceptable ».
« Nous assumons des responsabilités relevant pleinement du service public de l’information. Et pourtant, nos droits fondamentaux continuent d’être ignorés », clament-ils.
Alors que le gouvernement a lancé un vaste programme de recrutement de 10 000 agents publics, les 49 stagiaires de Horoya constatent avec amertume que leur ministère de tutelle a été écarté du processus. Pire encore, le concours « spécial » destiné aux médias publics n’a concerné que la RTG, laissant sur le carreau ceux qui contribuent pourtant à la mémoire quotidienne de la République.
« Des démarches concrètes avaient été entreprises depuis plusieurs années en vue de notre intégration à la Fonction publique. Portées jusqu’au sommet de l’État, elles reconnaissaient la légitimité de notre engagement ainsi que la pertinence de notre mission. À plusieurs reprises, notre dossier a été inscrit à l’ordre du jour du Conseil des ministres, preuve que notre situation était bien identifiée et considérée comme fondée. Mais aujourd’hui, nous sommes face à une injustice criante : malgré l’annonce du recrutement de 10 000 agents publics, notre ministère a été écarté sans explication. Plus grave encore, le concours ‘spécial ‘ tant attendu n’a concerné que la RTG, excluant arbitrairement les 49 stagiaires de Horoya », soulignent-ils dans la déclaration avant de s’interroger : « Comment prétendre refonder un pays sans ceux qui, jour après jour, en consignent l’histoire ? Comment construire un État de droit en marginalisant ceux qui rendent compte de son action, sans statut ni reconnaissance ?».
Dans leur déclaration, les stagiaires rappellent l’importance stratégique du journal Horoya, véritable relais entre l’État et les citoyens. Pourtant, malgré leur rôle dans la rédaction, la couverture gouvernementale, la mise en page et la relecture, ces jeunes travailleurs demeurent sans visibilité ni reconnaissance.
« Nous ne sommes pas ‘juste des stagiaires’. Nous sommes les sentinelles silencieuses de l’information publique », insistent-ils.
Le Collectif formule trois exigences :
- L’intégration immédiate à la Fonction publique, au même titre que les collègues de la RTG.
- La transparence sur les décisions ayant conduit à leur exclusion.
- La reconnaissance officielle du rôle de Horoya dans le paysage médiatique national.
Pour le reste, les signataires interpellent directement le président Mamadi Doumbouya, connu selon eux pour son attachement à la justice et à l’équité.
« Nous attendons avec espoir une suite favorable à nos revendications dans les jours prochains », sollicitent-ils.
Aminata Camara




