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Amadou Damaro à la CRIEF : «Je suis jugé selon le paradoxe du savon sale»

Le procès en appel d’Amadou Damaro Camara, ancien président de l’Assemblée nationale, s’est poursuivi ce jeudi devant la chambre de jugement de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF).

Face aux juges, le prévenu a tenté de se défendre des accusations portées contre lui, notamment celles liées au détournement présumé d’une subvention de 15 milliards de francs guinéens. D’entrée de jeu, il a qualifié son dossier de « paradoxe du savon sale ».

« Monsieur le président, vous avez devant vous l’illustration parfaite d’un dossier que je qualifie du paradoxe du savon sale », a-t-il déclaré à la barre, pour justifier ce qu’il considère comme une utilisation justifiée, mais mal perçue, des fonds publics.

Amadou Damaro Camara explique avoir agi sur les recommandations de son collègue, le député Deen Touré. Une partie des 15 milliards aurait ainsi servi à payer les primes des députés dont les salaires étaient en retard, selon lui, en raison des vacances parlementaires.

Interpellé par un avocat de l’État sur l’absence de dérogation du ministère des Finances avant d’engager cette dépense, l’ancien président de l’Assemblée a rétorqué :

« L’exécutif ne peut pas inspecter le législatif. C’est pourquoi il ne nomme ni DAAF (Directeurs des Affaires Administratives et Financières), ni CF (Contrôleurs Financiers) à l’Assemblée. J’ai agi avec l’accord du bureau de l’institution ».

Concernant la seconde infraction pour laquelle il a été condamné – la corruption – le prévenu a rappelé que l’Assemblée nationale, en tant qu’institution indépendante, n’est pas soumise aux règles du Code des marchés publics au même titre qu’un ministère. Il a souligné que seule la Cour des Comptes est habilitée à auditer ses finances.

À l’issue de cette séance de questions-réponses avec le juge et les avocats de l’État, l’audience a été renvoyée au 17 avril prochain, à la demande d’un des avocats de la partie civile.

À signaler qu’Amadou Damaro Camara a été condamné en première instance à quatre ans de prison ferme et à une amende de 10 millions de francs guinéens pour détournement de deniers publics et corruption.

Aminata Camara

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