Le paysage politique se recompose au Sénégal. Après son limogeage par le président de la République Bassirou Diomaye Faye, Ousmane Sonko rebondit à l’Assemblée nationale. Il a été élu ce mardi président de la deuxième institution du pays avec 132 voix sur 133 votants. Dans son intervention de circonstance, il est largement revenu sur les points de divergence avec le président Bassirou Diomaye Faye, ses nouvelles responsabilités ainsi que sa volonté de rassurer le peuple sénégalais.
Devant une assemblée majoritairement acquise à sa cause, Ousmane Sonko n’est pas passé par mille chemins pour dévoiler ce qui constitue désormais sa nouvelle feuille de route. Comme on pouvait s’y attendre, le président du PASTEF est brièvement revenu sur ses désaccords avec le président Diomaye Faye.
« Me voici appelé à conduire l’institution chargée de représenter directement la souveraineté populaire. Certains y voient une crise, d’autres un déchirement. Moi, j’y vois d’abord une épreuve de vérité pour notre démocratie. Les peuples ne jugent pas seulement les hommes politiques sur leur victoire, ils les jugent surtout sur leur capacité à demeurer fidèles à leurs principes lorsque le pouvoir devient inconfortable. Car il existe une question plus importante que celle de savoir qui gouverne : au nom de quoi gouverne-t-on ? Depuis plusieurs mois, notre pays a vu émerger des divergences profondes au sommet de l’État. Elles ont été décrites comme des rivalités personnelles, des conflits d’ambition ou des luttes d’influence. Je ne souhaite pas nourrir cette lecture réductrice, ce qui est en jeu dépasse des individus. Ce qui est en jeu, c’est le rapport entre la morale et la politique », a-t-il expliqué.
Le nouveau président de l’institution a insisté sur le fait que sa nomination ne constitue pas une revanche politique après son départ de la Primature, rejetant l’idée selon laquelle son limogeage aurait marqué la fin de son influence politique.
« Certains croyaient que le limogeage d’un Premier ministre signifiait sa disparition politique. Mais dans une démocratie véritable, aucune fonction n’épuise la légitimité populaire. Le peuple demeure la source du pouvoir. Et cette Assemblée, forte de la confiance massive accordée au projet porté par le PASTEF lors des législatives du 17 novembre 2024, possède aujourd’hui une responsabilité historique particulière », a-t-il précisé.
Et comme toujours, le nouveau président de l’Assemblée nationale sénégalaise s’est voulu clair.
« Je vais le dire avec la même clarté. L’Assemblée nationale ne sera pas une chambre d’enrichissement. Elle contrôlera l’action gouvernementale, elle défendra la transparence, la reddition des comptes. Elle usera de tous les leviers de contre-pouvoirs », a conclu Ousmane Sonko.
Michel Yaradouno, depuis Kankan




