La tension entre agriculteurs et éleveurs franchit un nouveau seuil alarmant à Lainé. Une quarantaine de veaux ont été décapités dans la nuit du 3 mai, dans une attaque qui suscite indignation et inquiétude au sein des populations locales.
Dans la nuit du samedi au dimanche 3 mai 2026, des individus non identifiés se sont introduits dans un parc à bétail situé à une dizaine de kilomètres du chef-lieu de la sous-préfecture. Sur place, ils ont décapité une quarantaine de veaux, dans des circonstances particulièrement choquantes.
Selon plusieurs sources locales, cet acte pourrait avoir été commandité par le président de la délégation spéciale (PDS) de Lainé, une accusation qui, si elle est confirmée, pourrait avoir de lourdes conséquences. En attendant, les pertes subies par les éleveurs plongent déjà les victimes dans une profonde détresse économique.
Sous le choc, Djiba Sangaré, l’un des propriétaires du parc, revient sur le drame. Il évoque un climat de tensions persistantes autour de la présence de ses animaux dans la zone. Alerté par un vétérinaire sollicité par les autorités locales, il dit avoir immédiatement saisi sa hiérarchie pour qu’une mission soit dépêchée.
« Le patriarche m’avait prévenu : si je n’enlève pas mes bœufs, ils vont les tuer. Pourtant, je paie pour ce domaine et il n’y a aucun champ aux alentours. Mes animaux sont enfermés dans un grillage », explique-t-il.
Dans la nuit de l’attaque, aux environs de 4 heures du matin, la situation bascule. Les bouviers présents sur les lieux sont violemment pris à partie, certains grièvement blessés. À son arrivée, Djiba Sangaré découvre une scène d’horreur : ses veaux gisent sans vie.

« Ils ont attaqué le parc, blessé les enfants et tué 41 veaux. Nous demandons l’intervention urgente des autorités », lance-t-il.
Même consternation chez Aly Badra Camara, autre éleveur touché par cette attaque. Absent au moment des faits, il raconte avoir été informé d’une expédition punitive mêlant violences physiques et pillages.
« Ils ont mis le feu dans notre parc, frappé les bouviers et emporté leurs biens. À mon retour, j’ai trouvé plusieurs de mes animaux tués. J’ai perdu 8 veaux », témoigne-t-il.
Les victimes rejettent catégoriquement toute responsabilité, affirmant que leurs troupeaux n’ont causé aucun dégât dans les champs environnants. Pour elles, rien ne saurait justifier un tel acte de barbarie.
Face à cette situation jugée alarmante, les éleveurs de Lainé lancent un appel pressant aux autorités administratives et sécuritaires. Ils exigent l’ouverture d’une enquête rigoureuse, l’identification des auteurs et leur traduction devant la justice. Ils réclament également des mesures urgentes pour garantir leur sécurité et protéger leurs moyens de subsistance.
Ce massacre, d’une violence extrême, relance le débat sur la gestion des conflits agro-pastoraux en Guinée et met en lumière la vulnérabilité persistante des éleveurs en milieu rural. Une enquête est vivement attendue pour faire toute la lumière sur cette affaire.
Foromo Fazy Béavogui, depuis N’Zérékoré




