Le ministère de la Promotion féminine, de l’Enfance et des Personnes vulnérables, à travers la Direction nationale de l’Enfance, a organisé ce vendredi 21 novembre 2025 un atelier de présentation et de validation de la Politique nationale de protection de l’enfant 2026-2035. La rencontre, qui a réuni des cadres du département, des organisations de défense des droits humains, des acteurs de la société civile ainsi que des partenaires techniques et financiers, a été présidée par le secrétaire général du ministère.
La révision de cette politique intervient dans un contexte de profondes transformations démographiques, économiques et sociales. Alors que la Guinée inscrit son développement dans la vision Simandou 2040, la condition des enfants demeure préoccupante : plus d’un sur deux vit dans la pauvreté multidimensionnelle, exposé à des risques accrus liés aux crises climatiques, aux dangers numériques et aux défis persistants en matière de santé mentale.
La précédente politique (PNPDBE 2015-2025) avait permis des avancées notables, mais ses limites restent importantes : faible application des textes, coordination institutionnelle insuffisante, services inégalement accessibles et sous-financement chronique. D’où la nécessité d’une nouvelle stratégie plus intégrée, préventive et équitable.


« Nous venons de valider la politique nationale de protection de l’enfant qui vient remplacer la politique de 2015 à 2025. Comme nous l’avons dit, nous avons fait une évaluation de cette politique pour l’ambition de renforcer le système national de protection de l’enfant. Il y a de nouveaux défis qui se présentent dans le domaine globalement de l’enfance. Vous avez l’addiction à la cybertechnologie. Les enfants aujourd’hui sont très accros au téléphone, donc ça devient une menace pour eux. Il y a des menaces liées aussi aux crises récurrentes, avec les crises sanitaires, mais aussi la question des catastrophes naturelles… Nous pensons que ce qui va être fait va contribuer à renforcer l’éducation pour les enfants, va renforcer la santé pour les enfants, va renforcer la gouvernance locale pour les enfants. Et nous allons nous aligner à ces dimensions pour davantage renforcer non seulement la gouvernance locale, les services dédiés aux enfants, mais aussi effectivement la participation des enfants et la redevabilité », a indiqué Akoi Guilavogui, Directeur national de l’Enfance en Guinée.
Selon le document, la Guinée comptera près de 14,3 millions d’habitants en 2025, dont 52 % âgés de moins de 18 ans. Cette jeunesse, bien que porteuse d’un immense potentiel, demeure exposée à des risques multiples : accès difficile à une éducation de qualité, travail des enfants, traite, violences sexuelles, mariages précoces… Près de 46 % des filles sont mariées avant 18 ans, et environ 30 % des enfants souffrent de malnutrition chronique. Face à cette réalité, les enfants eux-mêmes interpellent.


« Cette politique nationale qui nous réunit aujourd’hui est une avancée majeure. Elle montre que la Guinée choisit de placer l’enfant au cœur de son développement. Espoir ensuite que ce texte ne reste pas qu’un document. Que dans chaque village, chaque école, chaque foyer, cette politique devienne une réalité. Car beaucoup trop d’enfants vivent dans la précarité, sans protection, sans éducation et même sans avenir. Nous, les enfants, avons des droits mais aussi des rêves. Et cette politique doit devenir notre voie, notre bouclier, notre avenir. À travers elle, nous espérons une éducation de qualité, accessible à tous bien évidemment », a déclaré Aissatou Camara.
Les partenaires techniques et financiers (UNICEF et Terre des Hommes) se sont engagés à accompagner la Guinée dans la mise en œuvre de cette nouvelle politique.
« Le document que vous venez de produire est un document très stratégique pour promouvoir le droit des enfants dans ce pays. Il est bien préparé, bien budgétisé et je pense que tous les défis sont relevés. Les défis de la coordination, de la mobilisation des ressources dans un contexte particulier. Vous pouvez compter sur l’UNICEF en tant qu’agence leader dans ce secteur de protection de l’enfant. De pouvoir, dans un contexte global, difficile. Non seulement de continuer à faire le même travail qu’on a toujours fait, de mobiliser des ressources extérieures. Mais aussi cette fois-ci de booster les plaidoyers nécessaires pour la mobilisation des ressources domestiques », a soutenu Mahamat Nour Molli, représentant adjoint de l’UNICEF.


« En finalisant ce processus de validation de ce document aujourd’hui, nous affirmons notre priorité collective afin de faire de la protection et du bien-être des enfants une priorité nationale. Nous nous engageons donc à traduire cette politique en action concrète avec tous nos partenaires, toutes les équipes de la Coalition nationale des acteurs non étatiques de protection de l’enfance, notamment nous en tant qu’acteurs de la société civile, et donc en mobilisant aussi les ressources nécessaires et en renforçant la coordination entre tous les acteurs », a affirmé Étienne Mauchard-Bah de Terre des Hommes.
Cette politique est l’aboutissement d’un processus participatif engagé depuis 2022, lors du Forum sur l’Enfance. Il a mobilisé une diversité d’acteurs : enfants, familles, leaders communautaires, élus locaux, services déconcentrés, société civile et partenaires techniques et financiers. Le document repose sur l’évaluation de la politique 2015-2025 et sur un diagnostic approfondi du Système de protection de l’enfant en Guinée (SYPEG).

S’exprimant au nom de la ministre Charlotte Daffé, le secrétaire général du MPFEPV a salué une démarche opportune.
« Avec l’événement de CNRD et l’ambition affichée de nouvelles autorités pour le Simandou 2040. Dans lequel programme il y a également le volet bien-être qui concerne principalement les femmes et les enfants. Il était temps que le gouvernement, notre ministère, se positionne sur comment il compte capitaliser cet élan-là en faveur des enfants. Donc la validation de la politique nationale de l’enfance aujourd’hui participe à cet élan. L’atelier d’aujourd’hui, le séminaire d’aujourd’hui a permis de valider après que tous les partenaires aient donné leur quittus. C’est ça que nous réjouissons très particulièrement », a expliqué Roger Yassy Klonon.


La protection de l’enfant constitue un impératif éthique, juridique et politique pour tout État engagé dans la construction d’une société équitable et respectueuse des droits humains.
N’Famoussa Siby


