À peine les urnes refermées à l’issue du scrutin présidentiel du 28 décembre 2025, le paysage politique guinéen connaît un tournant majeur. Ce 30 novembre, Abdoulaye Kourouma, président du Rassemblement pour la Renaissance et le Développement (RRD), a officiellement reconnu la victoire du candidat indépendant, Mamadi Doumbouya, dès le premier tour, devançant ainsi la proclamation des résultats définitifs par les instances compétentes.
Cette reconnaissance s’appuie sur une compilation méthodique des résultats issus du terrain. Le leader du RRD a rappelé que « dans tous les pays du monde, les partis structurés ont tous des représentants dans les CACV ». Fort de ce dispositif, il tranche sans ambiguïté. « Les résultats que nous ont transmis plus de 80 % montrent que nous avons perdu et que Mamadi Doumbouya a gagné. C’est pour cette raison qu’en tant que parti républicain, nous avons décidé de reconnaître sa victoire dès le premier tour », a-t-il indiqué.
Au-delà des chiffres, Abdoulaye Kourouma a salué le climat apaisé ayant entouré le processus électoral. « L’autre chose que nous avons saluée, c’est la quiétude au lendemain du vote, mais aussi la sécurité du vote. Les forces de défense et de sécurité se sont vraiment investies », a-t-il souligné, avant d’ajouter que cela faisait « plus de 17 ans qu’il n’y avait pas eu un calme dans un processus électoral comme cette fois-ci », a-t-il lancé.
Malgré la défaite, le candidat se veut serein et sans regret. L’essentiel, selon lui, demeure l’engagement démocratique. « Je ne regrette pas d’avoir participé aux élections, parce que pour moi, tant que c’est pour participer à la construction démocratique, nous sommes partants ». Il en a profité pour situer le parcours de son parti face aux formations politiques plus anciennes. « Il y a des partis politiques en Guinée qui ont fait 40 ans sans participer à aucune élection. Nous, nous n’avons que 10 ans et, avec deux participations à l’élection présidentielle, c’est salutaire », a-t-il souligné.
Par ailleurs, Abdoulaye Kourouma a reconnu les difficultés structurelles et financières liées à l’animation d’un parti politique, rappelant qu’il « n’est pas facile de faire fonctionner une formation politique », tout en réaffirmant sa détermination à poursuivre le travail de consolidation et de structuration du RRD.
Thierno Amadou Diallo


