Déclaré vainqueur de l’élection présidentielle, Mamadi Doumbouya a, dans son adresse à la Nation, appelé à l’unité et au rassemblement pour la construction d’une « Guinée nouvelle ». Un discours d’ouverture qui se heurte toutefois à la prudence et aux doutes exprimés par l’opposition, notamment par Cellou Dalein Diallo, qui conditionne tout dialogue à un véritable retour à l’ordre constitutionnel.
Dans son message de Nouvel An, le président élu a invité « solennellement toutes les filles et tous les fils de notre nation, de l’intérieur comme de la diaspora, à se rassembler pour bâtir ensemble une Guinée nouvelle : une Guinée de paix, une Guinée de justice, une Guinée de prospérité partagée, et une Guinée de souveraineté politique et économique pleinement assumée ». Il a également tenu à rassurer en affirmant que « pour ma part, je tendrai la main à toutes les filles et à tous les fils de notre pays afin de construire ensemble un avenir prospère et durable », a déclaré Mamadi Doumbouya, le 4 janvier dernier..
Mais derrière cet appel au rassemblement, les lignes de fracture demeurent profondes. Interrogé par RFI sur la portée réelle de cette main tendue ce lundi, le président de l’Union des Forces démocratiques de Guinée (UFDG) et ancien Premier ministre, Cellou Dalein Diallo, a affiché une disponibilité prudente, assortie de sérieuses interrogations sur les intentions du pouvoir.
« Vous savez, le dialogue politique, moi, j’ai toujours prôné le dialogue pour éviter ce qui nous est arrivé. Malheureusement, ils ne l’ont jamais accepté et ils ont plutôt réprimé toutes les voix discordantes. Moi, je suis partisan du dialogue si c’est pour discuter d’un retour effectif à l’ordre constitutionnel, pour restaurer les libertés publiques, pour assurer davantage la protection des droits d’humains je serai ouvert si c’est le cas. Il n’y a pas de liberté, il n’y a pas de démocratie », a-t-il indiqué.
L’opposant rejette également en bloc la crédibilité des consultations électorales récentes. « Vous savez bien que cette mascarade, aussi bien pour le référendum que pour l’élection présidentielle, il n’y a pas eu de vote. Ça a été un désavoue du régime. Parce que les Guinéens ne se sont pas déplacés pour aller vers les unes, même s’ils ont proclamé des chiffres qui n’ont rien à voir avec la réalité », a-t-il souligné.
Interrogé sur l’avenir de son parti et son exil prolongé, Cellou Dalein Diallo se veut combatif. « On va continuer la lutte de plus belle. Encourager que nous sommes par le désavoue du régime qui a été constaté lors du référendum et amplifié pendant le simulacre d’élection présidentielle du 28 décembre. Le président sait bien qu’il n’a pas obtenu l’onction de la population. Le régime ne tient plus à rien. Il peut s’effondrer à tout moment. Le régime ne tient pas à grand-chose. Il n’a pas de légitimité. Il se disqualifie tous les jours par, naturellement, une confiscation éhontée du pouvoir à travers le scrutin, le faux scrutin du 28 décembre dernier », a-t-il martelé.
Pour le leader de l’UFDG, la situation actuelle ne marque pas une sortie de crise, mais bien une continuité de l’exception. « C’est une nouvelle transition. Ce n’est pas un retour à l’heure conditionnelle. En réalité, c’est une prolongation de la période d’exception », a-t-il laissé entendre.
Siby


