Comme annoncé dans notre précédent article, le déguerpissement des encombrants physiques et de l’occupation anarchique est entré dans sa phase opérationnelle, ce jeudi 5 février 2026. Si certains saluent l’initiative, des femmes victimes, elles, pleurent et sollicitent l’aide de l’État.
Parmi elles figure M’mahawa Camara, vendeuse de chaussures de friperie. Mère de sept enfants, elle subvient aux besoins de sa famille grâce à ce commerce, d’autant plus que le salaire de son mari est bloqué depuis plus de deux ans.
« Je me débrouille dans ce marché pour prendre en charge ma petite famille. Mon mari est policier, mais son salaire est bloqué depuis deux ans. Il a tout fait pour le débloquer, mais en vain. À chaque fois, on lui demande d’envoyer des documents, sans résultat. J’ai sept enfants et, récemment, nous avons été délogées. Là où nous avons déménagé, le loyer est de 1. 300 .000 FG par mois. Malgré le blocage de son salaire, il continue d’aller au travail et le peu qu’il gagne sert à nourrir nos enfants. Aujourd’hui, notre lieu de vente a été démoli. Nous n’avons plus d’espace pour vendre et nous risquons de mourir de faim. Je demande à l’État de nous trouver un espace de vente et de débloquer le salaire de mon mari », a-t-elle confié.

Une autre femme, mère de huit enfants et veuve, partage la même détresse. Elle vend des vêtements pour enfants afin de payer la scolarité et le loyer.
« Je suis veuve. Depuis le décès de mon mari, c’est ici que je vends pour subvenir aux besoins de ma famille. Nous demandons au gouvernement d’avoir pitié de nous et de nous trouver un autre espace pour vendre. Nous ne sommes pas contre le déguerpissement, car cela permet d’embellir la commune et d’avoir de bonnes routes », a-t-elle affirmé.

De son côté, M’mah Soumah, vendeuse de robes, lance un cri d’alarme : « Nous demandons au président Mamadi Doumbouya d’avoir pitié de nous. C’est ici que nous trouvons de quoi nourrir nos familles. Nous ne sommes pas au bord de la route, mais à l’intérieur du marché. Malheureusement, nous avons été touchées. Ce n’est pas l’État qui nous a installées ici ; par manque de places, nous nous sommes installées nous-mêmes ».
Balla Yombouno


