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Simandou : Simfer passe à la vitesse supérieure et vise 60 millions de tonnes

La société Simfer, filiale du géant minier Rio Tinto, a tenu ce jeudi 26 mars 2026 sa conférence de presse trimestrielle pour faire le point sur l’avancement du projet stratégique de Simandou. Entre montée en puissance de la production, investissements massifs et défis opérationnels, les responsables affichent leurs ambitions.

Le directeur général, Christ Aitchison, a annoncé que l’entreprise mobilise actuellement 7 000 contractants et vise une production annuelle de 60 millions de tonnes à l’horizon 2027.

« L’année dernière, nous avons célébré le départ du premier navire. C’était la première expédition de minerai guinéen sur le marché international. Nous sommes engagés dans un processus qui nous mènera bientôt à la mise en service complète, afin que le port atteigne sa capacité maximale et que la mine produise jusqu’à 60 millions de tonnes. La capacité du port est également estimée à 60 millions de tonnes de minerai de fer. Nous voulons accéder au marché mondial avec ce volume. Par ailleurs, d’importants travaux d’infrastructures sont en cours », a-t-il indiqué.

Simfer met en avant la qualité exceptionnelle du fer de Simandou, un atout clé pour sa compétitivité internationale.

« Nous parlons d’une teneur de 65 % en fer. En termes de qualité, nous avons l’une des meilleures au monde, ce qui nous positionne favorablement sur le marché international », a-t-il souligné.

Sur le plan environnemental, l’entreprise assure intégrer des mécanismes stricts pour limiter l’impact de ses activités.

« Nous continuons à accorder une grande importance à cet aspect et faisons de notre mieux pour préserver la biodiversité. Nous disposons d’une expertise en la matière. Il est dans notre intérêt de protéger l’environnement. Un suivi interne rigoureux est assuré, avec des évaluations régulières de l’impact environnemental, afin de respecter toutes les exigences en vigueur et de mesurer nous-mêmes ces impacts pour mieux les gérer », a-t-il souligné.

Malgré les avancées, le projet n’est pas exempt de difficultés, notamment sur le plan humain.

« Il y a toujours des défis dans un projet de cette envergure, et il faut savoir les gérer. Nous déplorons notamment le décès de notre collègue, Monsieur Camara Mohamed, sur le site minier. Nous souhaitons que cet aspect soit pleinement pris en compte. Aujourd’hui, nous intégrons davantage l’analyse des risques et des ressources avant le démarrage des projets. Sur le plan communautaire, nous travaillons à réduire les impacts en y consacrant beaucoup d’énergie. Avec 7 000 employés contractants, des difficultés subsistent, mais nous continuons à y faire face », a poursuivi Christ Aitchison.

Le directeur général adjoint, Aboubacar Koulibaly, a insisté sur les retombées économiques du projet, notamment pour les entreprises locales.

« Au cours des deux premiers mois de l’année, l’entreprise a dépensé 273 millions de dollars auprès de ces partenaires. Cela représente un levier important en termes d’achats de biens et de services pour soutenir nos opérations. Par ailleurs, malgré l’achèvement de certaines phases de construction, plus de 20 000 personnes travaillent encore sur le projet. Cela signifie des revenus pour ces employés, leurs familles et leurs communautés, contribuant ainsi à dynamiser les économies locales. Au-delà de cet aspect, il faut également considérer les recettes fiscales générées pour l’État. Aujourd’hui, la croissance économique est largement tirée par le secteur minier, notamment la bauxite et l’or. Avec l’entrée en phase d’exportation du projet Simandou à pleine capacité, les projections tablent sur des milliards de dollars de revenus pour l’État. C’est dans cette perspective que le gouvernement a mis en place des mécanismes, notamment un fonds souverain, afin d’assurer une meilleure prévisibilité des recettes et de financer les infrastructures nécessaires pour accompagner le développement du secteur minier », a-t-il expliqué.

Concernant le transport du minerai, les discussions se poursuivent autour des infrastructures ferroviaires.

« Le chemin de fer est divisé en plusieurs segments. Nous avons notre embranchement ferroviaire. La gare est en construction, avec une gare passagers et une ligne principale. Des discussions se poursuivent entre les différentes parties pour déterminer l’emplacement des gares », a-t-il martelé.

Interpellés sur la capacité du port de Moribaya, les responsables se veulent rassurants. « Nous pouvons transporter du minerai, et ce processus va se poursuivre », a dit le directeur.

Avec une montée en puissance progressive, des investissements colossaux et des ambitions clairement affichées, le projet Simandou s’impose plus que jamais comme un pilier de l’économie guinéenne en devenir.

Balla Yombouno

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