A l’occasion de la célébration de la fête nationale française, ce mardi 14 juillet 2026, la résidence de l’ambassade de France en Guinée et en Sierra Leone a accueilli, dans la soirée du lundi, de nombreuses personnalités de premier plan, parmi lesquelles des membres du gouvernement, d’anciens ministres, des responsables de la hiérarchie militaire, des diplomates ainsi que des représentants de la société civile. Devant ses invités, l’ambassadeur de France en Guinée et en Sierra Leone, Luc Briard, a prononcé un discours marqué par des messages sur la mémoire, la sécurité, les droits fondamentaux et l’avenir des relations entre Paris et Conakry. Il a notamment salué le « plein retour à l’ordre constitutionnel » en Guinée et réaffirmé l’engagement de son pays à accompagner ce nouveau chapitre de la coopération bilatérale.
Dès l’entame de son intervention, le diplomate français a évoqué la vision que la France entend porter sur la scène internationale tout en soulignant l’ouverture d’une nouvelle phase dans les relations avec la Guinée.
« Je vais prendre donc la parole, ce 14 juillet, pour définir de quoi la France est le nom. Être évidemment à la hauteur du passé tout en en tirant les leçons, se projeter dans l’avenir alors que tant voudraient que la France disparaisse ou soit plus présente, se taise ou parle, permanente injonction contradictoire. En Guinée s’ouvre un nouveau chapitre de la relation partenariale, dynamisée par le plein retour à l’ordre constitutionnel et quelques semaines après le succès du sommet Africa Forward à Nairobi, qui a réuni plus de 35 chefs d’États africains et de gouvernements, dont le président de la République de Guinée, Son Excellence Monsieur Mamadi Doumbouya », a-t-il déclaré.
Selon Luc Briard, ce sommet illustre la volonté de la France de demeurer un partenaire de référence sur le continent africain.
« Ce sommet consacre l’héritage du président de la République et de son action en Afrique depuis 2017, qui tend à démontrer que la France est un partenaire en Afrique solide et prévisible, fiable et innovant, constant et lucide », a-t-il poursuivi.
L’ambassadeur a ensuite insisté sur l’engagement de Paris en faveur de la transition guinéenne, tout en rappelant le rôle joué par la Guinée dans les opérations internationales de maintien de la paix.
« La France est un partenaire solide et prévisible parce qu’elle est attachée au multilatéralisme. Membre permanent du Conseil de sécurité, dotée de la dissuasion nucléaire, elle est résolument actrice de la paix. Alors je le dis contre toutes les critiques, la France a fait le choix vigilant et l’assume pleinement d’accompagner le processus de transition de la Guinée qui, après une longue année électorale, vient de s’achever avec une nouvelle Constitution et les autorités locales, nationales et gouvernementales élues. La Guinée a fait le choix fort, résolu de rester arrimée à la communauté internationale. Nous rendons ce soir hommage à la mémoire des 27 soldats guinéens tombés au Mali aux côtés des nôtres, qui témoignent de l’engagement de votre pays pour l’architecture internationale de paix », a-t-il indiqué.
Sur le plan sécuritaire, le diplomate a assuré que la coopération entre les deux pays se poursuivra, notamment à travers la formation et le partage d’expertise.

« Dans ce contexte, la France assume son partenariat sécuritaire, mesuré et ciblé dans son dimensionnement, et structurant avec la Guinée. La France continuera d’appuyer la formation, la mobilité et les échanges d’expertise pour permettre à la Guinée de continuer à jouer son rôle dans les opérations de maintien de la paix et dans la force en attente de la CEDEAO. La France ne peut que saluer et se réjouir du plein retour de la Guinée au sein de l’Union africaine et de la CEDEAO, dont l’accompagnement de la communauté internationale est parfaitement subsidiaire », a-t-il rappelé.
Luc Briard a également insisté sur l’importance du respect des engagements internationaux souscrits par la Guinée, estimant qu’ils constituent un levier pour le renforcement des institutions et la réconciliation nationale.
« La Guinée est comptable de sa signature de tous les traités auxquels elle est partie, de la CPI aux disparitions forcées. Par cet engagement fort, les autorités guinéennes acceptent de s’exposer aux décisions politiques et judiciaires de ces instances internationales et régionales pour le renforcement des institutions et pour la réconciliation nationale. Comme l’a dit le Président Mamadi Doumbouya, la Vème République a besoin de toutes ses filles et de tous ses fils pour réussir », a-t-il souligné.
L’ambassadeur a ensuite consacré une partie importante de son discours à la défense des libertés fondamentales et des droits humains, qu’il a présentés comme un pilier de la politique étrangère française.
« La France est enfin un partenaire constant et lucide qui sait où sont les défis. Elle n’a que le droit international comme boussole. Elle défend tous les droits, les droits civils et politiques, mais aussi les droits économiques, sociaux et culturels, qui sont des droits opposables, comme vient de le confirmer la Constitution guinéenne en faisant du droit à la santé pour tous un pilier du texte fondamental. La France n’a ni à rayonner ni à éclairer le monde. Elle a à combattre pour défendre les libertés fondamentales d’expression, de réunion, de manifestation et les droits sociaux pour lesquels tant de ses filles et de ses fils sont morts. La France se tient aux côtés des défenseurs des droits, de tous les droits. Elle les défend par un plaidoyer, parfois derrière le silence des portes closes, parfois dans les instances internationales comme à l’EPU (Examen périodique universel), parfois par des demandes d’asile ciblées, parfois par des financements ou un lieu refuge ici, à la résidence », a-t-il insisté.
Le diplomate français a, par ailleurs, réaffirmé la volonté de son pays de construire une coopération durable et inclusive avec l’ensemble des acteurs guinéens.
« La France, que j’ai décrite, construit chaque jour avec la Guinée, avec l’ensemble de ses composantes, les autorités légitimement élues et constitutionnellement installées, l’opposition, la société civile, les artistes, les entrepreneurs, le secteur privé, les jeunes et les femmes, un partenariat d’égal à égal, mutuellement bénéfique, symétrique et réciproque », a-t-il conclu.
N’Famoussa Siby


