Interpellé sur le calvaire quotidien des usagers de la route à Conakry, le ministre des Transports et porte-parole du gouvernement, Ousmane Gaoual Diallo, a livré un diagnostic sans complaisance sur l’état du secteur lors de sa conférence de presse ce vendredi.
Face aux journalistes, il a d’abord rappelé le poids de l’héritage pesant sur la mobilité urbaine, soulignant qu’il est difficile de « corriger des tards de 20 ans ou 30 ans » durant lesquels le pays n’a pas investi dans les transports publics. Pour le ministre, le salut ne viendra pas d’une gestion directe par l’État, qu’il juge structurellement inefficace. Citant l’exemple de la logistique des hydrocarbures, gérée avec succès par des privés guinéens depuis des décennies, il a fermement rejeté l’idée de confier les nouveaux bus à des fonctionnaires. « Vous croyez que si on recrute des fonctionnaires, on les nomme à la nouvelle société de transport, ça sera comme Sojetrac ? Un jour on va se réveiller, il n’y a aucun bus. Rien. C’est ce qu’on connaît ici. Moi, je ne veux pas de ça », a-t-il martelé.
L’annonce phare de cette intervention concerne le renouvellement imminent du parc de taxis. Un premier lot de 300 véhicules est attendu pour la fin du mois de février. Le ministre a toutefois précisé que le gouvernement ne compte pas les exploiter lui-même, mais souhaite encourager l’entrepreneuriat chez les jeunes. « On veut des jeunes qui créent des petites sociétés auxquelles on donne ça, à crédit, à un prix avantageux », a expliqué Ousmane Gaoual Diallo.
Le ministre a prévenu que la pérennité et l’extension de ce programme dépendront de la rigueur des premiers preneurs. Si l’expérience s’avère concluante, le gouvernement envisage de porter la flotte à 600 taxis, voire plus, tant que la demande persiste.
Cependant, il a averti qu’en l’absence de candidats sérieux et organisés, les véhicules resteraient inutilisés « Si demain les taxis arrivent et qu’on ne trouve pas de preneur, vous allez les voir garés au Palais du Peuple ici. Personne ne va les rouler ». En affirmant que cinq sociétés de taxis individuels sont déjà agréées, le ministre a réitéré la volonté de l’État d’être un catalyseur de solutions plutôt qu’un acteur de gestion. Il espère qu’à la fin de l’année 2026, les efforts conjugués du public et du privé permettront d’atténuer durablement les difficultés de déplacement des populations.
Thierno Amadou Diallo


