ledjely
Accueil » Guéckédou : Aïcha Tchiamy Tolno condamnée et interdite de réseaux sociaux pour 6 mois
ActualitésFaits-diversGuinéeGuinée ForestièreJusticeSociété

Guéckédou : Aïcha Tchiamy Tolno condamnée et interdite de réseaux sociaux pour 6 mois

Après la diffusion, en avril dernier, de vidéos devenues virales sur les réseaux sociaux et ayant suscité l’indignation au sein de la communauté kissia, la blogueuse et influenceuse Aïcha Tchiamy Tolno a comparu ce vendredi 15 mai 2026 devant le Tribunal de première instance (TPI) de Guéckédou.

Poursuivie pour atteinte et menaces à l’ordre et à la sécurité publics, atteinte à l’intégrité et à la dignité des individus par le biais d’un système informatique, diffamation et injures publiques, elle a été condamnée, à l’issue de son procès correctionnel, à six mois de prison avec sursis et au paiement d’une amende de cinq millions de francs guinéens.

À la barre, l’accusée a reconnu les faits qui lui sont reprochés avant de fondre en larmes et de présenter ses excuses.

« Je demande pardon au tribunal, à la communauté kissia et à toutes les personnes que ma publication a offensées », a regretté Aïcha Tchiamy Tolno.

Interrogée par le président du tribunal sur les circonstances ayant conduit à la réalisation de cette vidéo virale, la prévenue a livré sa version des faits.

« C’était un lundi. Un certain Jacques Kamano m’a envoyé une invitation sur Facebook que j’ai acceptée. Ensuite, il m’a demandé comment je faisais pour avoir beaucoup de vues sur mes publications. Je lui ai répondu que je produisais des contenus pour sensibiliser les jeunes filles à ne pas être matérialistes. C’est ainsi qu’il m’a expliqué qu’il avait un problème avec sa femme et qu’il souhaitait que je fasse une vidéo parlant de l’hygiène des femmes, sans citer son épouse. Je lui ai répondu que ce n’était pas mon domaine et qu’il pouvait contacter d’autres personnes qui traitent ce genre de sujets sur les réseaux sociaux. Comme il insistait, je l’ai bloqué », a-t-elle raconté.

Poursuivant, elle explique :  « Après cela, il est venu sur mon compte TikTok. Là encore, il m’a dit qu’il voulait me demander quelque chose. Je lui ai demandé quoi. Il m’a demandé de lui envoyer une de mes vidéos nue. Je lui ai répondu : “Pourquoi me demandes-tu cela alors que je ne suis ni ta copine, ni ta femme, encore moins ton ex ? Je ne peux pas faire ça.” Ensuite, il m’a demandé de prendre une photo de moi à moitié nue en lui montrant mes seins. J’ai refusé une nouvelle fois. C’est alors qu’il m’a dit qu’il savait pourquoi je refusais : parce que je ne suis pas excisée. Ces propos m’ont profondément blessée et j’ai enregistré une vidéo pour la lui envoyer en privé. Mais, au moment de la sauvegarder dans mes brouillons, je l’ai publiée par inadvertance. Au même moment, ma connexion internet était épuisée. Le temps pour moi d’envoyer un enfant faire un transfert afin de supprimer la vidéo, certaines personnes l’avaient déjà partagée. C’est ainsi qu’elle s’est retrouvée sur les réseaux sociaux, malgré sa suppression. Encore une fois, je présente mes excuses », a plaidé Aïcha Tchiamy Tolno, les larmes aux yeux.

Au-delà de cette condamnation, le président du tribunal, Ousmane Koulibaly, a également interdit à la blogueuse l’usage des réseaux sociaux pendant une période de six mois.

Prenant la parole au cours de l’audience, le procureur Patrice Koma Koivogui a rappelé que les réseaux sociaux ne constituent pas une zone de non-droit.

« Aujourd’hui, beaucoup utilisent les réseaux sociaux soit pour communiquer, soit pour faire la promotion de leurs produits, soit encore pour se divertir. Dans tous les cas, les réseaux sociaux sont devenus un véritable espace de communication. Mais il faut retenir qu’ils ne sont pas une zone de non-droit. Les gens doivent comprendre qu’être sur internet, sur Facebook ou TikTok, ne signifie pas qu’on est un extraterrestre. Vous évoluez dans un espace public régi par des textes de loi. On ne va pas sur Facebook pour insulter. Nous veillons et nous surveillons. Tout contenu susceptible de heurter la sensibilité publique ou de violer la loi fera l’objet de poursuites, même sans plainte », a-t-il averti.

Niouma Thèdan Kamadou Kamano pour Ledjely.com⁠

Articles Similaires

Amadou Oury Bah fixe le cap : « Tous les axes routiers structurants achevés d’ici 2030 »

LEDJELY.COM

Kankan : décès d’Antoine Dogbo Guilavogui, figure de l’opposition locale

LEDJELY.COM

Du Billet au Digital (III): Les enjeux économiques d’une réforme de structure, gains attendus, paliers de transformation et coût du statu quo

LEDJELY.COM

« La question énergétique, c’est notre talon d’Achille », avoue le PM

LEDJELY.COM

FGF : le centre technique de Nongo fermé après l’apparition de fissures

LEDJELY.COM

Justice : l’OGDH alerte sur les failles persistantes de la chaîne pénale

LEDJELY.COM
Chargement....