La République démocratique du Congo fait face à une nouvelle flambée du virus Ebola. Selon les autorités sanitaires congolaises, le pays a déjà enregistré 513 cas suspects et 131 décès suspects depuis la déclaration officielle de l’épidémie le 15 mai dernier.
L’annonce a été faite ce mardi 19 mai par le ministre congolais de la Santé publique, Roger Kamba, lors d’un briefing spécial à Kinshasa, après son retour des zones touchées. Le ministre a toutefois tenu à préciser que tous les décès recensés ne sont pas forcément liés au virus Ebola.
« Nous avons enregistré 131 décès dans les zones touchées, mais tous ne sont pas forcément attribuables à Ebola. Ce sont des décès suspects et des enquêtes sont en cours pour établir lesquels sont réellement liés à la maladie », a expliqué Roger Kamba.
L’épicentre de cette 17e épidémie d’Ebola enregistrée en RDC se situe dans la province de l’Ituri, à l’est du pays. Des cas confirmés ont également été signalés dans la province voisine du Nord-Kivu.
Les autorités sanitaires indiquent que cette nouvelle flambée est causée par la souche Bundibugyo, réputée moins mortelle que la souche Zaïre. Roger Kamba a également rappelé que la RDC dispose d’une importante expérience dans la gestion des épidémies d’Ebola.
Le ministre a cependant regretté le retard pris dans le déclenchement de l’alerte sanitaire au sein des communautés locales. Selon lui, certaines croyances mystiques autour de la maladie ont contribué à la propagation du virus.
« L’alerte a traîné dans la communauté parce qu’il y a une croyance selon laquelle il s’agissait d’une maladie mystique et cela a occasionné l’expansion de la maladie », a-t-il déploré.
De son côté, le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé, Tedros Adhanom Ghebreyesus, s’est dit « profondément préoccupé par l’ampleur et la rapidité de l’épidémie », tout en estimant que la situation ne répondait pas, pour l’instant, aux critères d’une urgence pandémique mondiale.
Les autorités sanitaires africaines suivent de près l’évolution de la situation, notamment en raison de la proximité de la province de l’Ituri avec l’Ouganda et le Soudan du Sud. Selon les derniers chiffres communiqués par l’agence de santé publique de l’Union africaine, 105 décès liés au virus et près de 395 cas suspects avaient déjà été signalés lundi 18 mai.




