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PRÉSIDENTIELLE 2020 : UFDG, l’autre sens d’une candidature

C’est un avis qu’on n’a pas souvent entendu dans le débat suscité par l’annonce surprise de la candidature de Cellou Dalein Diallo à la présidentielle de 2020. Mais l’auteur de cette réflexion nous dit que l’autre objectif que pourrait viser l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) réside dans la volonté du parti de s’assumer et surtout, de le faire seul. En effet, nous rappelle l’auteur, jusqu’ici, en dépit de son poids avéré, l’UFDG s’est prêtée au « chantage » d’autres formations politiques. Elle s’est ainsi très souvent évertuée à prendre en compte l’avis et les intérêts de partis ou de leaders dont l’alliance ne lui était pas nécessaire. Mais elle l’a fait pour donner à sa démarche une caution nationale, transversale. Eh bien, cette fois, elle s’y prend autrement. Elle ne courtise personne et prend seule la décision d’aller à la présidentielle. Bien sûr, le choix n’est pas sans risques. Mais pour une fois, il semble refléter le poids du parti.

Hardiesse, folie, félonie, incohérence, tout ou presque aura été dit pour qualifier l’annonce de la candidature à la présidentielle du président de l’UFDG, principale force d’opposition au pouvoir d’Alpha CONDE. Quels que soient les avis, la surprise que cette candidature a créée est le plus commun de ces avis. Le parti a pris l’opinion de court. Il y a quelques temps, personne n’aurait parié sur cette décision.

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De toutes les interrogations des analystes sur les raisons et les explications d’une telle candidature dans un contexte de crise lancinante, il y a une qui n’est pas souvent évoquée, la volonté de s’affranchir de l’attache à d’autres forces politiques. Sans avoir été dans les secrètes discussions entre militants, il y a comme un clin d’œil que l’UFDG renvoie à l’opinion pour assumer sa grandeur.

En effet, depuis 2010, lors de la présidentielle devant servir à mettre fin à la transition militaire à la suite de la mort de Lansana CONTE, l’UFDG a eu du mal à faire cavalier seul. Après le soir du premier tour, donnant le parti largement en avance sur ses concurrents, « l’inconscience collective » a ressorti des préjugés qui collent bien à la peau de ce parti et de son président.

Parti communautaire avec à sa tête un leader symbolisant tout ce que le guinéen aime abhorrer dans ses discours (mal gouvernance, détournements…), l’UFDG et Cellou Dalein ont depuis lors essayé de s’ouvrir aux autres, histoire de sauter la haie des barrières avec le reste de l’opinion. Trainant comme un boulet ce poids de son supposé ou réel sectarisme.

Après les élections législatives de 2013, ancrant fortement le parti dans l’opposition comme force principale, l’UFDG a été déférente avec certaines particules politiques. Pour se donner une image nationale, transversale, de parti ouvert à tous, certainement. Législatives 2013, l’UFDG remorque des leaders de « partillons » sur sa liste nationale à la députation. Avec des positions à faire pâlir de jalousie certains cadres du parti. De tous les combats menés par l’opposition sur ces différends avec le pouvoir, le parti s’arrange à avoir de son côté les « autres » sans forcément être convaincu de leurs poids. Même quand la cause peut être ou est gagnée sans apport.

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Ce petit jeu a permis à plusieurs partis de pouvoir faire des allers-retours entre les deux camps. Il faut dire que le chéquier de la mouvance….de l’Etat et ses postes juteux le facilitaient aussi. Une fois débarqué de la mangeoire, Cellou et ses ouailles étaient preneurs pour présenter leur statut de rempart national. Le parti semble avoir essayé presque toutes les recettes : alliances politiques, offres de postes de députés, de places dans le cabinet du chef de file… et au finish a été le dindon de la farce pourrait-t-on dire.

Pour la présidentielle à venir, le message semble être clair, nous y allons seuls. En se cassant la pipe, l’échec aura l’UFDG comme seul orphelin. Le risque est gros certes, mais le parti peut, en créant le surprise -le rêve est permis- dans les jours qui suivent l’élection du 18 octobre, avoir la légitimité de ses poids et combat.

Comme une ligne de crête infranchissable, l’UFDG est décidé à escalader la montagne sans être certaine de sa stratégie mais aussi de son avenir. Cela faisant partie de la magie du jeu politique, le jeu en vaut la chandelle peut-on dire.

Pour autant, la marge de manœuvre du parti est fine avec cette décision de faire cavalier sans ses alliés habituels. Le jeu retors de la mouvance a été toujours été de présenter la bataille politique comme binaire, l’UFDG et la communauté de son leader contre le reste des partis politiques et de la Guinée.

M.S.SOW

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