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SOGUIPAH : le ministre de l’Agriculture a-t-il été induit en erreur ?

Depuis quelques jours, la Société guinéenne de palmier à huile et d’hévéa (SOGUIPAH) est confrontée à une crise née de la décision du directeur général, Michel Gbeimy, de réduire le personnel. Une décision qu’il dit lui avoir été dictée par le ministre de l’Agriculture, Mamoudou Nagnalen Barry. Mais de l’avis de quelques membres du collectif des travailleurs qui mène la protestation contre cette décision, le ministre pourrait avoir été trompé. En tout cas, disent-ils, la mesure qu’il préconise est fruit d’un diagnostic erroné.

Le premier indice de l’erreur que le collectif des travailleurs pointe du doigt, c’est le fait que le ministre Mamoudou Nagnalen Barry ait déclaré la mardi dernier chez nos confrères de FIM FM que la masse salariale de la Soguipah se chiffrait à 13 milliards. Or, les chiffres réels sont loin en déca de ce montant. « La masse salariale se situe entre 7 et 8 milliards », indique Michel Sonomi, qui prend le soin de faire remarquer que la masse en question fluctue dans la mesure où cela dépend du fait que les employés sont payés au jour de travail.

Partant de ce décalage entre les données réelles de la société et celles avancées par le ministre, le collectif estime que ce dernier a été trompé. « La Direction générale lui a fait croire que la crise à laquelle nous sommes confrontés est en rapport avec la pléthore de l’effectif des travailleurs. Or, il n’en est rien. La crise résulte de la mauvaise gestion de la société », dit un employé. On évoque notamment des factures payées à des sociétés fantômes et pour des prestations tout aussi fictives. N’empêche, ayant été convaincu que la pléthore du personnel était la cause de la crise, le ministre a préconisé la compression. Une mesure dont le « personnel non nécessaire », doit faire les frais. Et par « personnel non nécessaire », le Directeur général a entendu tous les employés détenteurs d’un CDD. Soit 304 personnes, nous dit-on.

Or, cette interprétation de la consigne du ministre, les employés la trouvent tendancieuse. D’abord, parce qu’en réalité, le renvoi de ce personnel n’aura quasiment pas d’impact en termes d’économies à engranger. « Les charges mensuelles se rapportant aux 304 personnes se chiffrent à 263 millions GNF », nous souffle une source. Mais au-delà, nous indique-t-on, il y a bien des personnes auxquelles la consigne du ministre devrait mieux s’appliquer. En effet, certains agents évoluant à la SOGUIPAH évolueraient parallèlement à la Fonction publique ou dans d’autres structures dont des établissements parapublics. A ce propos, on cite nommément Jules Haba qui serait à la fois chef d’agence de la CNSS à Kissidougou et chef personnel à la SOGUIPAH, avec rang de directeur. Dans le même sillage, on évoque une certaine Sophie Sandy, belle-sœur du Directeur général de la société. Elle serait parallèlement Agent de développement local (ADL) et chef service logistique avec rang de directrice adjointe. Une source interne à l’ANAFIC que nous avons sollicitée évoque bel et bien une certaine Sandy. Mais du côté de cette agence, elle se prénomme Rose et elle est bien Agent de développement local (ADL). « Elle n’est pas employée de l’ANAFIC. C’est une salariée de la commune où elle travaille en qualité d’ADL. Elle est assistante technique de la commune », nous dit précisément notre source à l’ANAFIC.

A cette catégorie d’employés que l’on dit proches du directeur Michel Gbeimy, s’ajoutent les malades de longue durée. « Il y a aussi des personnes qui sont depuis 2 à 3 ans en maladie longue durée », se plaint un employé dont le contrat arrive à terme en fin avril. Ceux-là, bien que n’étant pas actifs continueraient à toucher « l’indemnité journalière ». Soit la moitié du montant qu’ils auraient dû percevoir en situation active. On évoque en outre des employés ayant passé plus de 30 ans dans la société. Une catégorie dont les membres mériteraient d’aller à la retraite mais qui demeurent en place. Autant de personnes qui répondraient mieux, selon le collectif des travailleurs de la SOGUIPAH à la consigne du ministre portant sur le « personnel non nécessaire ». Un collectif qui appelle en conséquence au sens du discernement et à une analyse minutieuse de la crise, en vue d’un diagnostic fidèle.

En effet, c’est tout le schéma de sortie de crise aujourd’hui en exécution qui pourrait être remis en cause par un examen lucide de la situation. Beaucoup estimant que ledit schéma ne peut au mieux que différer le problème. « Il y a un nombre pléthorique de cadres (330) et de directeurs (22) pour une entreprise de cette taille. Or, le salaire moyen d’un directeur est de 15 millions, tandis qu’aucun de ceux qui sont aujourd’hui concernés par le non renouvellement des contrats ne perçoit 1 500 000 GNF », nous confiait il y a quelques jours un employé de la société.

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