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ABDOURAHAMANE SANO : « personne ne pourra m’arrêter dans cet engagement »

Voulait-on l’intimider ? Eh bien, c’est manifestement raté. En tout cas, deux jours après sa relaxe par le tribunal de première instance de Mafanco, Abdourahmane Sano a animé une conférence de presse ce vendredi pour réaffirmer sa détermination à poursuivre son projet de mise en place d’une plateforme citoyenne. Au-delà, l’ancien coordinateur du FNDC estime qu’au regard de la tension qui prévaut dans le pays, la transition mérite d’être « recadrée ».

Bien évidemment, l’ancien ministre s’est réjoui du verdict rendu le mercredi 11 janvier par le tribunal de Mafanco et en vertu duquel il a été relaxé. La décision du juge est, aux yeux d’Abdourahmane Sano, un « acte d’une très haute portée sur le plan du respect des droits de l’homme ».

Poursuivi pour « participation délictueuse à une réunion non déclaré » et jugé suivant une procédure du flagrant délit, l’ancien coordinateur du front anti-troisième mandat dit ne pas savoir avec certitude les raisons de son interpellation. Mais il s’abstient « d’alimenter les supputations en ce moment très difficile de notre pays ». Toutefois, il retient de la procédure qui a conduit à ce procès qu’il y a encore du chemin à faire dans la marche vers « la démocratie et que nos magistrats ont un rôle prépondérant et une responsabilité indéfinie dans la consolidation de l’Etat de droit et dans le respect de la dignité des Guinéens », fait remarquer Abdourahamane Sano.

Pour autant, il n’est pas question qu’il renonce à son projet de mise en place de la plateforme ‘’Citoyens pour la république’’ (CPR). Sur ce point, il n’entend faire aucune concession. « Ce choix qui n’est pas nouveau est inébranlable et aucun sacrifice n’est de trop pour l’assumer », martèle-t-il. Puis, l’activiste d’insister : « pour moi, le plein exercice de la citoyenneté est une question de dignité. Le négocier, l’aliéner, l’abandonner ou ruser avec, est un acte de lâcheté ». Car pour lui, l’engagement citoyen fait office de seconde religion : « Cela apparait pour moi, après l’islam, comme ma seconde religion…personne, personne ne pourra m’arrêter dans cet engagement », insiste-t-il.

De ce qu’il vient de subir et de son analyse du climat sociopolitique qui prévaut en Guinée, Abdourahmane Sano en tire une recommandation : « Il est urgent que chacun œuvre davantage avec sincérité à la consolidation de la cohésion nationale et de la paix, à commencer par les autorités militaires », souligne-t-il. Par ailleurs, estime-t-il : « Il y a un besoin de recadrage de la transition pour créer de véritables conditions d’un réel apaisement ».

L’ancien coordinateur du Front anti-troisième a par ailleurs émis le souhait en faveur de la libération de ses anciens camarades de lutte, Ibrahima Diallo et Foniké Menguè, détenus depuis des mois à la Maison centrale.

N’Famoussa Siby

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