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DIXINN : désarroi et dépit des déguerpis du bloc des professeurs

A Conakry, les travaux dits de récupération des domaines de l’Etat ne connaissent pas de répit. Ce samedi 21 janvier 2023, le bloc des professeurs, dans les environs de l’université Gamal Abdel Nasser de Conakry, dans la commune de Dixinn, était la cible des engins de la Direction générale du patrimoine bâti public. Les occupants ont été brusquement réveillés par les bruits des machines venues démolir les baraques. Sur place, les citoyens, impuissants, ne savent pas quoi faire.   

Les occupants admettent cependant avoir été alertés avant la démolition. Mais quelques-uns auraient entrepris des démarches auprès de la mairie en vue de démontrer la légalité de leur installation sur les lieux.  « La première fois qu’ils sont venus mettre les croix sur les maisons, moi personnellement j’ai été voir le maire de la commune de Dixinn et je lui ai remis le document qui nous autorise à occuper ces lieux il y a de cela 10 ans. D’ailleurs, je versais une somme de 300 000 à la commune chaque année pour mon atelier », confie Soundiata Keïta, une victime. A l’examen des documents qu’il a déposés à la commune, le maire aurait conclu qu’ils sont faux. Ce dont s’étonne Keïta, dans la mesure où, dit-il : « le document a été signé à la même commune ».

S’il en veut aux autorités dans leur ensemble, c’est en particulier en direction des responsables de l’université de Conakry que va sa colère. A l’en croire, en effet, l’opération de démolition des baraques qui jouxtent l’université serait le fruit d’une requête express de ces responsables. « Nous sommes victimes des cadres de l’université Gamal. Franchement, je suis déçu ce matin ». Déçu, Keïta est aussi impuissant. « Je laisse pour moi à Dieu. Il est le seul sauveur », lâche-t-il ainsi en guise de conclusion
Une autre victime, préférant s’exprimer sous anonymat, prévient les autorités quant au paradoxal risque d’insécurité pouvant découler de cette opération. « Nous nous allons quitter aujourd’hui, mais qu’ils retiennent que si ces espaces ne sont pas viabilisés, même les étudiants auront des problèmes avec le banditisme parce que avant ces lieux étaient très dangereux », rappelle-t-il. Il pointe également le risque de précarité qui guette les déguerpis : « La majeure partie des occupent d’ici sont des ouvriers. Ils viennent y chercher leurs revenus ».

Enfin, il met en garde contre les conséquences pouvant découler de cette opération qu’il perçoit comme étant injuste. « Nous sommes tous des Guinéens, donc ils doivent faire les choses dans les règles de l’art », lance-t-il en désespoir de cause.

Aminata Camara

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