Il fallait y croire. Il fallait oser l’imaginer. Et pourtant, c’est bien ce qui s’est passé ce lundi : le Cap-Vert, à l’occasion de sa toute première apparition en Coupe du Monde, a tenu en échec l’Espagne, championne d’Europe en titre. Score final : 0-0. Historique.
Face à une Roja portée par Rodri, Pedri et Gavi au milieu de terrain, les Requins Bleus ont choisi leur camp dès le coup d’envoi : discipline, compacité, abnégation. Dans un bloc 4-2-3-1 hermétique, les hommes du sélectionneur cap-verdien ont verrouillé chaque couloir, pressé au premier signal de perte de balle, et refusé tout espace à une Espagne pourtant bien décidée à faire parler sa technique.
Mais la résistance cap-verdienne avait un nom, un visage, un âge : Vozinha, 40 ans, gardien de but et légende vivante des Requins Bleus. L’homme a sorti une prestation d’anthologie, repoussant toutes les offensives espagnoles avec une assurance déconcertante. Élu logiquement homme du match, il a été le dernier rempart d’une équipe qui ne voulait rien lâcher.
Même l’entrée en jeu du prodige Lamine Yamal, attendu comme le sauveur côté espagnol, n’y a rien changé. Les espaces étaient trop réduits, la discipline trop solide. La Roja a buté sur un mur.
Ce 0-0 arraché face au champion d’Europe résonne bien au-delà des îles du Cap-Vert. C’est une déclaration d’intention adressée à tout le football africain : les sélections du continent peuvent tenir tête aux plus grandes nations du monde, même dans l’arène la plus exigeante qui soit. Les Requins Bleus ne sont pas venus en touristes. Le groupe vient de le comprendre à ses dépens.
Lukaku prive l’Egypte d’un exploit
Devant 72 000 spectateurs médusés, l’Égypte a longtemps tenu tête aux Diables Rouges et cru tenir sa toute première victoire en Coupe du Monde. C’était sans compter sur Romelu Lukaku, décisif dès sa première touche de balle. Score final : 1-1.
Dominatrice en début de match, la Belgique de Kevin De Bruyne est surprise à la 20e minute par une frappe surpuissante d’Ashour à l’entrée de la surface. 1-0 pour l’Égypte. Un but qui galvanise les Pharaons, qui passent tout près du break à la 32e minute : seul face au but, l’attaquant égyptien bute sur un Thibaut Courtois impérial, sauvant les Belges d’un écart difficile à combler.
À la mi-temps, le score est de 1-0 pour l’Égypte. La surprise est belle et bien réelle.
Au retour des vestiaires, la Belgique prend le contrôle du jeu sans parvenir à concrétiser. À la 52e minute, De Bruyne tente sa chance sur coup franc. La maladresse belge est criante : dix tentatives pour une seule frappe cadrée à l’heure de jeu, captée sans difficulté par le portier égyptien Shobeir.
C’est alors que Rudi Garcia sort sa carte maîtresse. Romelu Lukaku entre en jeu. Et en moins de dix secondes, tout bascule : sur son premier ballon, il provoque le chaos dans la défense égyptienne, forçant Hany à dévier le ballon dans son propre filet. 1-1 à la 66e minute.
L’Égypte, si proche d’une victoire inédite en Coupe du Monde, repart de Seattle avec un point. Un résultat rageant pour les Pharaons, qui ont montré un visage courageux et organisé. Un avertissement sérieux, lui, pour une Belgique qui devra hausser considérablement son niveau pour aller chercher le titre.
Lonceny Camara




