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RD Congo : comment venir à bout du M23 ?

Au terme de leur rencontre du 9 février dernier à Naïrobi, les chefs d’Etat-major de la Communauté est-africaine (EAC) ont décidé d’un nouvel agenda pour le retrait des rebelles du M23 des zones qu’ils ont conquises depuis la reprise de leur offensive dans l’est de la RD Congo, il y a de cela un an. Selon cette nouvelle feuille de route, les combattants du mouvement rebelle sont censés avoir abandonné leurs positions actuelles au plus tard le 30 mars prochain, suivant un processus séquentiel comprenant trois phases, à partir du 28 février. Et c’est la force de la communauté est-africaine qui devrait se déployer pour sécuriser les zones qui auront été libérées. Mais en réalité, à l’image des précédents accords du genre, ce nouvel agenda a peu de chance de se traduire par le retrait effectif de la rébellion. Parce qu’en face du M23, on n’utilise certainement pas le bon remède. Pour garantir la sécurité dans cette partie orientale du pays, les autorités congolaises doivent cesser de compter sur des troupes venues d’ailleurs. Les FARDC elles-mêmes doivent se donner les moyens d’inverser le rapport de force. C’est à cette condition seulement que les processus politiques auront des chances de prospérer.

Duplicité

La fulgurante progression et les acquis stratégiques que les rebelles du M23 ont engrangés ces derniers mois au point de faire peser désormais une menace sérieuse à la ville de Goma, capitale de la région du Nord-Kivu, les autorités congolaises les imputent au soutien que la rébellion recevrait du Rwanda. L’accusation en soi n’est pas dénuée de fondement. D’autant qu’elle est corroborée par les Nations unies et d’autres pays notamment occidentaux. Mais c’est certainement réducteur de ramener tout le problème au seul Paul Kagamé. Il se trouve qu’en réalité, l’Ouganda et le Burundi non plus ne jouent pas franc jeu. Peut-être bien qu’ils n’ont pas des liens aussi établis avec les rebelles qui sévissent dans la région. Mais ils ne font pas non plus grand-chose pour chasser ceux-ci. Les deux pays sont plutôt dans une espèce de duplicité. En témoigne leur faible implication dans la force régionale déployée sur place. Pour l’heure, celle-ci se ramène en effet au contingent kenyan. Et c’est pourquoi cette force au personnel et aux ressources insuffisants n’a qu’un effet symbolique. En tout cas, elle n’impressionne guère les rebelles. A la décharge de ces pays, il importe d’admettre qu’il n’est pas toujours évident d’intervenir dans cette région où la complexe question ethnique est potentiellement explosive pour tout le monde.

Inefficacité

Dans un tel contexte, il ne reste qu’une solution à la République démocratique du Congo (RDC) : prendre son destin en main. D’ailleurs, pour un si vaste pays, avec toutes les richesses dont il regorge, il y a quelque chose d’inacceptable dans cette tendance que ses dirigeants ont d’aller pleurnicher sur la place politique, à la moindre agression. Les autorités de ce pays doivent se donner les moyens de garantir l’intégrité territoriale du Congo. L’histoire de la Monusco nous enseigne que la solution ne peut pas venir d’ailleurs. Et c’est quelque peu ce qui se confirme aujourd’hui avec la Force de la communauté est-africaine. Certes, dans le Sahel, on répète à souhait que la lutte contre le terrorisme ne peut pas être que militaire. Mais les forces armées congolaises font montre d’une telle inefficacité qu’elle est indigne de leur pays. Il faut que cela s’arrête. Et bien sûr, pour inverser la tendance, il ne suffira pas d’acquérir les armes les plus sophistiquées et de placer les soldats les plus robustes en première ligne. C’est la gouvernance qu’il faudra panser et aseptiser. Parce que si en six décennies d’indépendance, un pays n’est toujours pas capable de faire valoir sa souveraineté en matière de sécurité, il se doit d’interroger son parcours.

Boubacar Sanso Barry

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