L’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG) traverse une crise interne. Dans un mémorandum récent, les secrétaires fédéraux de Haute Guinée et de la Guinée Forestière ont lancé un appel solennel au président du parti, Cellou Dalein Diallo, pour qu’il prenne des mesures appropriées afin de préserver l’unité au sein de l’UFDG. Contacté par notre correspondant, le secrétaire fédéral de Kissidougou a apporté des éclaircissements sur la situation.
Une clarification importante
«Nous n’avons jamais affirmé que nous ne faisions plus partie de l’UFDG. Nous n’avons jamais dit que le président Cellou Dalein devait partir. Notre rencontre à Macenta n’était pas contre lui, bien au contraire. Elle visait à soutenir son leadership et à l’aider dans la gestion du parti. Mais dans une véritable démocratie, n’est-il pas normal de critiquer et de faire des propositions ?» a déclaré Richard Mory Kamano, secrétaire fédéral de Kissidougou.
Les propositions faites au président du parti
Pour appuyer ses propos, Richard Kamano a rappelé les trois propositions formulées à Cellou Dalein Diallo pour améliorer le fonctionnement du parti :
1. Réintégration des exclus : «La justice a ordonné la réintégration des membres exclus, en particulier Ousmane Gaoual Diallo. Cette décision doit être appliquée avant tout congrès. Le gouvernement, par l’intermédiaire de l’administration du territoire, nous a donné 45 jours pour organiser ce congrès. Si ce délai expire sans que le congrès n’ait lieu, il y a un risque de légitimité pour ceux qui sont actuellement à la tête du parti. Nous avons donc proposé la réintégration des exclus».
2. Organisation d’un congrès national unitaire : «Nous avons également suggéré d’organiser un congrès national, afin d’assurer une unification des membres du parti et d’asseoir une nouvelle légitimité».
3. Renouvellement du leadership : «Enfin, nous avons proposé que le président devienne ‘président d’honneur’ et qu’il nous indique qui pourrait le remplacer».
Réaction face aux démissions et aux rumeurs
Les signataires du mémorandum, réunis à Macenta, ont précisé que si certains secrétaires fédéraux choisissent de démissionner, cela relève de leur propre responsabilité. «Ce qui est clair, c’est que nous n’avons ni contraint personne, ni pris de décisions secrètes. Ce sont des propositions ouvertes et transparentes faites à notre président», a souligné Richard Kamano.
«Il revient au président de répondre. Si nos propositions sont rejetées, nous saurons comment réagir. Si elles sont acceptées, nous agirons en conséquence. Nous n’avons pas adressé cette lettre à un membre du bureau politique national, mais directement au président. Si ce dernier n’est pas d’accord avec notre proposition de le nommer président d’honneur, qu’il vienne et nous organiserons un vote en son nom. Nous sommes toujours derrière lui», a-t-il affirmé.
Un appel à la prudence et à la clarté
Richard Kamano a aussi exhorté les partisans de l’UFDG à ne pas se laisser influencer par les rumeurs. «Aux citoyens et aux partisans de l’UFDG, je leur demande de ne pas prêter attention aux ‘radios trottoirs’. Ils doivent se référer à ceux d’entre nous qui avons signé ce document. Nous sommes libres et indépendants. Nous n’avons jamais dit que nous quitterions le parti, ni que le président Cellou Dalein n’est plus notre leader. Bien au contraire, nous lui avons toujours témoigné respect et considération. Mais dans un parti démocratique, est-il interdit de faire des propositions au président ?» s’est interrogé le secrétaire fédéral.
Résister aux tentations
Enfin, Richard Kamano a conclu sur une note personnelle : «Malgré toutes les tentatives de corruption, je n’ai jamais cédé. J’ai toujours refusé de quitter le parti pour rejoindre un autre. Je suis fidèle à ma cause et je l’assume. Il est important de dire la vérité à son collaborateur, à son leader, avec respect».
Foromo Fazy Béavogui depuis N’Zérékoré