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À la CRIEF, Damaro sort de ses gongs  : « L’instance a voulu souiller ma réputation »

Les débats dans le cadre du procès en appel de l’ancien président de l’Assemblée nationale se sont poursuivis ce jeudi 17 avril 2025 devant la chambre d’appel de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF).

Interrogé par les avocats de la défense, Amadou Damaro Camara a expliqué les raisons qui l’ont incité à faire appel dans ce dossier.

« J’ai fait appel pour laver ma réputation. D’abord, devant mes enfants, ensuite devant mes épouses, et enfin devant l’opinion publique. Les plus sages disent : “Quand vous perdez de l’argent, vous n’avez rien perdu  ; quand vous perdez votre santé, vous avez perdu quelque chose  ; mais quand vous perdez votre réputation, vous avez tout perdu.” L’instance a voulu souiller ma réputation. Je n’ai jamais travaillé dans la fonction publique, justement pour éviter de ternir cette image. Si ce n’est pas trahir un secret, sachez que dans le gouvernement de 1996, présidé par Sidya Touré, c’est moi qui ai rédigé la liste des membres du gouvernement. J’aurais pu choisir n’importe quel poste. J’ai refusé. Je ne voulais pas me retrouver dans certaines situations », dit-il.

Sous le régime d’Alpha Condé, poursuit-il, « j’ai été deux fois député, président du groupe parlementaire. J’ai été proposé à deux postes ministériels très convoités. J’ai encore dit non », insiste-t-il.

Poursuivant dans la même logique, Amadou Damaro Camara a tenu à souligner qu’il n’a jamais utilisé sa position pour faire entrer ses enfants dans la fonction publique.

« Malgré tout ce que j’ai représenté dans ce pays, aucun de mes enfants ne travaille dans la fonction publique. Je leur ai toujours dit  : Débrouillez-vous autrement. C’est pour préserver cet honneur que j’ai fait appel. Cette situation est très difficile à vivre. Elle me ronge, au-delà même des souffrances physiques et de l’atteinte à ma santé. Mais l’honneur, c’est ce qui compte le plus », soutient-il.

Après l’interrogatoire de Jin Sun Chen, ressortissant chinois et témoin clé dans le dossier, l’audience a été renvoyée au 8 mai prochain pour les plaidoiries et réquisitions.

Pour rappel, le 2 décembre 2024, la cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF) a déclaré coupable l’ancien président de l’Assemblée nationale (sous Alpha Condé), accusé de «  détournement de deniers publics et de corruption  ». Pour ces délits, il a été condamné à une peine de quatre ans d’incarcération et à l’obligation de payer une amende de 10 millions de francs guinéens.

Aminata Camara

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