Au lendemain du scrutin présidentiel du 28 décembre 2025, le candidat du Bloc Libéral et de ses alliés, Dr Faya Lansana Millimouno, a publié, ce 29 décembre, un réquisitoire cinglant contre le processus électoral. Affirmant s’exprimer au nom de l’État de droit et du respect de la volonté souveraine du peuple, le leader politique dénonce avec la plus grande fermeté de graves irrégularités ayant, selon lui, entaché la journée de vote. Il qualifie les faits de pratiques frauduleuses systématiques organisées par les autorités administratives, électorales et sécuritaires.
Selon la déclaration officielle, le contrôle indépendant du scrutin aurait été « délibérément saboté ». Le candidat rapporte que ses délégués et observateurs ont été « arbitrairement empêchés » d’exercer leur mission, aussi bien dans de nombreux bureaux de vote que dans les Commissions administratives de centralisation des votes.
Cette obstruction visait, selon lui, à soustraire le processus électoral à toute transparence. Plus grave encore, il affirme que, dans plusieurs localités, des partisans du candidat Mamadi Doumbouya se seraient introduits à proximité immédiate des isoloirs, « orientant et imposant le choix des électeurs », en violation flagrante de la liberté et du secret du vote.
Le Bloc Libéral étaye ces accusations par des données recueillies sur le terrain. À N’Zérékoré, notamment dans les localités de Gouécké et Keayeba, le parti dénombre plus de 2 200 électeurs privés de leur droit de vote à la suite de la suppression de bureaux par décision judiciaire. À Conakry, dans la commune de Matoto, plus de 5 000 électeurs du secteur Mamadouba Soumah auraient vu leurs bureaux déplacés vers l’école primaire du Collège Bas-Fond. Des irrégularités similaires ont également été signalées à Guéckédou.
Dr Faya Lansana Millimouno soutient par ailleurs que le dépouillement n’a pas été effectué sur place dans la majorité des bureaux de vote, ouvrant ainsi la voie à des « manipulations massives des résultats », sous l’influence directe ou indirecte des forces de défense et de sécurité.
La déclaration évoque un « bourrage d’urnes » qualifié de flagrant et généralisé, précisant que partout où des militants et représentants du Bloc Libéral ont tenté de s’y opposer, ils auraient été violemment agressés, intimidés, arrêtés ou arbitrairement détenus. Une liste nominative de responsables « frappés et mis en prison » a été rendue publique, citant notamment Pascal Lamah à Manéah, Étienne Loua à Gouécké, Tamba Moïse Leno à Dubréka, Abdourahamane Bangoura à Gbessia, Namory Koumassadouno au Ghana, ainsi que Gnouma Foster et Gnouma Alexis Kourouma à Bolodou.
Estimant que ce scrutin ne reflète en rien la volonté librement exprimée du peuple, Dr Faya Lansana Millimouno considère qu’il constitue une grave menace pour la paix sociale. Tout en tenant pour responsables les autorités impliquées, il appelle le peuple à rester mobilisé et vigilant, affirmant que « la vérité des urnes doit triompher ».
Thierno Amadou Diallo


