À Siguiri, l’annonce de l’interdiction de l’utilisation des engins lourds dans l’exploitation minière artisanale a provoqué une vive réaction. Dans la nuit du vendredi 13 mars 2026, juste après le journal de 20h30 de la RTG, des jeunes sont descendus dans les rues pour manifester leur joie à la suite du communiqué conjoint des ministères de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation, de l’Environnement et du Développement durable, ainsi que des Mines et de la Géologie.
Dans ce communiqué diffusé à la télévision nationale, les autorités ont annoncé l’interdiction formelle de l’utilisation des engins lourds, notamment les machines Poclain, les bulldozers, les tractopelles et toutes autres machines mécanisées similaires dans l’exploitation minière artisanale sur toute l’étendue du territoire national.
À Siguiri, ville fortement marquée par l’activité aurifère, la décision a été accueillie par des scènes de liesse. Durant toute la nuit, des chants, des danses et des slogans ont résonné dans plusieurs quartiers de la ville.
Interrogé sur place, Madou Bérété, membre de l’Union des jeunes pour le progrès de Siguiri, un mouvement engagé dans la lutte contre la destruction de l’environnement dans la préfecture, est revenu sur les raisons de cette mobilisation nocturne.

« Nous sommes dans la rue cette nuit pour manifester notre joie suite à l’interdiction de l’utilisation des machines Poclain dans l’exploitation minière artisanale, qui a presque fini de détruire notre environnement. Nous luttons depuis longtemps contre cela. Si le gouvernement nous a écoutés aujourd’hui pour interdire ce fléau, nous ne ferons que les remercier et les féliciter. Mais nous ne voulons pas que ce soit un tape-à-l’œil, comme ils ont l’habitude de faire à l’approche des élections. Nous sollicitons également la libération des jeunes arrêtés à cause de cette lutte, comme Mamadi Sylla dit Top Si, porte-parole de notre mouvement, Moussa Diawara et d’autres », a-t-il déclaré
De son côté, M. Condé, connu sous le nom d’Alfarok, appelle les autorités à veiller à l’application stricte de cette décision.
« Nous avons écouté le communiqué interdisant l’utilisation des machines Poclain dans nos mines. Nous sommes contents pour cela, mais nous voulons que cette décision soit suivie afin que son application soit stricte. Parce que rien ne sert de prendre des décisions si elles ne sont pas appliquées. Nous demandons humblement aussi la libération immédiate de nos frères arrêtés et emprisonnés injustement dans la lutte contre ce fléau. Tout le monde est conscient des dégâts de cette activité, même ceux qui la pratiquent », a-t-il affirmé.

Au moment où nous quittions les lieux, tard dans la nuit, ces jeunes poursuivaient leur mobilisation à travers la ville. En dansant et en scandant des slogans, ils faisaient le tour des concessions de certaines personnalités locales qu’ils considèrent comme des soutiens de leur combat, notamment l’honorable Sékou Savané, doyen de Kènèmanden Niagassola, Elhadj Mamadi Sidibé, président de l’Union mandingue, Mamadi Sylla dit Top Si, porte-parole de l’Union des jeunes pour le progrès de Siguiri, ainsi que Khadafi, un communicateur actif sur les réseaux sociaux résidant à l’étranger.
Parmi les slogans scandés par les manifestants : « À bas les Poclain ! », « À bas les Chinois ! », « Vive la libération de Top-Si ! ».
Ibrahima Camara, depuis Siguiri




