Après la présentation de la Déclaration de Politique Générale par le Premier ministre Amadou Oury Bah devant le Conseil national de la Transition, la société civile passe au crible le discours. Si la Coalition nationale des organisations de la Société civile (CNOSC) salue l’exercice avec un certain optimisme, des zones d’ombre subsistent, notamment sur la crise économique et le fonctionnement des ONG.
Pour Gabriel Haba, figure de proue de la coalition, la séance de ce mercredi 25 mars 2026 est avant tout un succès démocratique sur la forme. Il salue un discours « responsable » qui, selon lui, a le mérite de toucher tous les secteurs avec des indicateurs précis. « Il faut encourager ce genre de pratiques qui contribuent à renforcer notre démocratie. Cela nous permet de comprendre quelles sont les ambitions du gouvernement et comment nous pouvons suivre pour l’amener à respecter ses engagements vis-à-vis du peuple de Guinée », a-t-il déclaré.
Mais derrière cette adhésion de principe, la société civile relève trois points majeurs restés en suspens.
Le premier concerne la crise de liquidité qui frappe le pays. Bien que des mesures d’urgence aient été évoquées, les acteurs de terrain attendaient une vision de long terme pour restaurer la confiance entre la Banque Centrale, les opérateurs économiques et les populations. Gabriel Haba estime que le Premier ministre aurait dû rassurer sur le fait qu’une telle asphyxie financière ne se reproduirait plus.
Le second point de friction, et non des moindres, touche le « rétrécissement de l’espace civique ». La société civile dénonce un véritable parcours du combattant administratif, notamment pour le renouvellement des agréments des ONG, limités à trois ans. « On ne peut pas obtenir des financements tant que les agréments ne sont pas renouvelés. L’État doit permettre à ce que les ONG obtiennent et renouvellent leurs agréments sans souci, car elles constituent une alternative pour l’emploi des jeunes diplômés », alerte Gabriel Haba.
Enfin, la question de l’éducation citoyenne reste le parent pauvre de cette déclaration. Alors que le gouvernement affiche de grandes ambitions économiques, la société civile s’interroge sur l’accompagnement pédagogique des populations, souvent non scolarisées, pour adapter les mentalités aux nouvelles réalités du pays.
Thierno Amadou Diallo




