Réuni ce mardi 31 mars 2026, le Conseil national de la Transition (CNT) a adopté à l’unanimité le projet de Loi de Finances Initiale (LFI) 2026, marqué par une progression significative des recettes publiques.
Ce vote intervient dans un contexte particulier. Initialement attendu le 15 octobre, le texte n’a été présenté que le 28 mars, obligeant les conseillers nationaux à examiner les volets recettes et dépenses en seulement deux jours.
Prenant la mesure de ces contraintes, la ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, Mariama Ciré Sylla, a salué une « mobilisation exceptionnelle » des membres du CNT. Elle s’est également félicitée des échanges menés « dans des délais contraignants pour envisager au mieux des mesures et des réformes qui améliorent significativement les conditions de vie de nos citoyens ».
Au terme de cet examen accéléré, les conseillers nationaux ont donné leur feu vert à un budget 2026 en nette progression. Les recettes totales de l’État passent de 43 960,62 milliards de GNF dans la LFR 2025 à 55 858,09 milliards de GNF, soit une augmentation de 11 897,47 milliards, équivalente à 27,06 %.
Cette hausse est principalement portée par les recettes fiscales, qui évoluent de 40 450,10 milliards à 51 541,01 milliards de GNF. La pression fiscale s’améliore également, atteignant 12,8 % du PIB, contre 12,1 % l’année précédente. Parallèlement, le ratio des dépenses de personnel recule, passant de 28,3 % à 24,6 % des recettes fiscales, traduisant un effort de maîtrise des charges.
Sur le plan des dépenses, le gouvernement affiche une orientation résolument tournée vers l’investissement. Les dépenses totales sont projetées à 64 181,36 milliards de GNF, avec une forte progression des investissements publics, qui atteignent 28 429,28 milliards de GNF, soit 7,1 % du PIB.
Malgré cette augmentation, les indicateurs de soutenabilité budgétaire restent maîtrisés. Le déficit global se réduit, passant de -3,08 % à -2,07 % du PIB, dans un contexte de croissance du PIB nominal, attendu à plus de 401 670 milliards de GNF en 2026.
En dépit des contraintes de calendrier, le CNT valide ainsi un budget porté par une dynamique de mobilisation des ressources internes et une volonté affirmée d’investir dans les secteurs structurants.
Thierno Amadou Diallo




