À quelques jours du double scrutin prévu le 31 mai 2026, les inquiétudes autour de la transparence du processus électoral commencent à monter au sein de la classe politique guinéenne. Ce jeudi 28 mai, à l’occasion d’une conférence de presse tenue à Lambanyi, le président d’honneur du Bloc Libéral, Dr Faya Millimouno, a lancé une série de mises en garde contre ce qu’il considère comme des dérives susceptibles de compromettre la crédibilité des élections locales.
Face à la presse, l’opposant politique a rappelé que l’histoire électorale du pays reste marquée par des violences et des contestations lors des scrutins locaux. « Nous savons, par le passé, que les élections locales ont souvent été émaillées de violences lorsque certaines pratiques de manipulation sont observées », a-t-il déclaré, faisant notamment référence aux premières élections organisées sous le régime du Général Lansana Conté.
Dr Faya Millimouno a également dénoncé une implication jugée excessive de certaines autorités administratives et des forces de sécurité dans le processus électoral. Selon lui, cette situation alimente les suspicions au sein de l’opinion publique, comme cela avait déjà été observé lors de la dernière présidentielle. « Il s’agit du peuple souverain de Guinée qui choisit ses représentants », a-t-il insisté, estimant que les autorités ne devraient en aucun cas influencer le choix des électeurs.
Le président d’honneur du Bloc Libéral s’en est aussi pris à certains membres du gouvernement qu’il accuse de transformer leurs fonctions en outils de campagne politique. Pour lui, plusieurs ministres mèneraient actuellement des opérations de terrain motivées par la peur de perdre leurs postes après les élections. « Ce n’est pas votre poste qui empêchera le peuple de choisir des hommes et des femmes capables de défendre réellement les citoyens », a-t-il martelé.
Autre sujet de préoccupation soulevé : la distribution des cartes d’électeurs. L’opposant affirme que dans plusieurs sous-préfectures, de nombreux citoyens n’ont toujours pas reçu leurs cartes, à quelques jours seulement du vote. Il soutient même que certains responsables locaux de la Direction des élections reconnaissent l’existence de ces dysfonctionnements.
Par ailleurs, Dr Faya a dénoncé l’implication de certains chefs de quartier dans les opérations électorales, rappelant que leur rôle est strictement défini par les textes de loi. Dans un ton grave, il a averti que ceux qui fermeraient les yeux sur les violations de la loi « porteront la responsabilité de ce qui pourrait arriver dans le pays ».
À l’approche du scrutin, cette sortie du Bloc Libéral vient raviver le débat sur la transparence, la neutralité des institutions et les garanties de paix autour des élections locales en Guinée.
Siby




