À quelques heures de la fête de Tabaski, de nombreux fidèles musulmans sillonnent encore les marchés à bétail de Siguiri à la recherche d’un animal à sacrifier, conformément aux recommandations de l’islam. Mais le constat révèle une hausse vertigineuse des prix.
Du parc à bétail de l’Énergie à ceux de Téléladji et Makorotoumba, notre correspondant a fait le constat ce mardi 26 mai 2026 d’une hausse vertigineuse des prix du bétail.
À la Grabal de l’Agrément, située dans le quartier Énergie, Abou Camara, venu acheter un mouton pour son père, se dit choqué par les tarifs pratiqués cette année.

« Nous sommes venus chercher un mouton pour la fête de mon père, mais les prix de cette année sont effrayants. Les gros moutons sont vendus entre 9 000 000 et 13 000 000 de francs guinéens, tandis que les plus petits coûtent entre 3 000 000 et 7 000 000 GNF. Avec de tels prix, où allons-nous ? », s’est interrogé ce client.
Même constat chez Billy Doumbouya, rencontré à Makorotoumba à la recherche d’un bœuf pour la fête. Selon lui, certains animaux atteignent des montants record cette année.
« Il y a des bœufs vendus jusqu’à 40 000 000 de francs guinéens. Je me demande comment les pauvres pourront se procurer du bétail cette année tellement c’est cher. On trouve des bœufs entre 10 000 000 et 40 000 000 GNF. Si les autorités ne prennent pas leurs responsabilités, rien ne va changer dans ce pays. Chacun fait ce qu’il veut et ce sont les pauvres qui souffrent », a-t-il dénoncé.


Du côté des vendeurs, cette flambée des prix s’expliquerait par plusieurs facteurs économiques et saisonniers. Aboubacar Doumbouya, boucher et vendeur de bétail, évoque notamment la situation dans la sous-région.
« Plusieurs causes expliquent la cherté des bœufs cette année. Premièrement, il y a la guerre au Mali. Deuxièmement, l’augmentation du taux d’échange entre le franc CFA et le franc guinéen. Troisièmement, la fête coïncide avec la saison sèche, une période difficile pour l’alimentation des bœufs. La solution définitive pour soulager la population guinéenne est de produire localement comme le fait le Mali », a-t-il expliqué.
Ibrahima Camara, depuis Siguiri




