Le procès d’Oumar Keïta, chauffeur d’une trentaine d’années, s’est ouvert ce lundi 24 novembre 2025 au TPI de Dixinn, suite à une course-poursuite qui a semé la panique dans le quartier Kaloum. Dans la nuit du 17 novembre 2025, le conducteur aurait refusé de s’arrêter lors d’un contrôle de la Gendarmerie au pont 8 novembre, obligeant les forces de l’ordre à tirer sur les pneus de son véhicule pour l’immobiliser.
A l’ouverture de son procès devant le tribunal de première instance de Dixinn, le ministère public accuse Oumar Keïta d’avoir tenté d’échapper à un contrôle au niveau du pont du 8 Novembre.
« Il a refusé non seulement de s’arrêter, mais il a foncé sur le barrage et il a continué allègrement son chemin. Il a fallu la hauteur de la Feguifoot pour qu’il soit rattrapé. Et pour qu’il puisse d’ailleurs accepter de s’arrêter, il a fallu que l’agent tire sur les pneus du véhicule. Et finalement, le véhicule n’a pu être immobilisé qu’au niveau de la Caisse Nationale de la Sécurité Sociale. C’est pour cette raison, justement, qu’il a comparu pour répondre des faits qui lui sont reprochés. Nous avons requis la peine de deux ans d’emprisonnement, ainsi qu’une peine d’amende », a indiqué Elhadj Aboubacar Sidiki Camara, procureur général près du TPI de Dixinn.
Pour sa part, Me Labilé Koné, un des avocats de la défense a contesté les accusations du ministère public et a présenté le contexte de l’incident.
« Il lui était reproché d’avoir mis la vie d’autrui en danger, de s’être rebellé contre la loi et du refus de garer. Ce jeune qui conduit un véhicule, qui n’est pas pour lui, mais pour un patron, était en déplacement avec ce patron-là. Arrivé au checkpoint, il s’est fait contrôler et c’est par après qu’on a tenté de le faire contrôler une seconde fois. Puisqu’il a vu l’arme, il a pris panique, il s’est enfui. Mais de tout ce qu’on peut espérer savoir, c’est que dans de telles circonstances, ce que j’ai constaté, c’est que les agents qui étaient là n’ont pas été professionnels pour son arraisonnement. Et ce qui a fait même que vous avez appris cet événement comme moi, il y a eu panique en ville parce que ces coups de fusil-là ont alerté », a expliqué l’avocat de la défense, Me Aimé Christophe Labilé Koné.
Le verdict est attendu le 1er décembre prochain, mettant un point final à cette affaire qui a plongé Conakry dans l’inquiétude et suscité de vives réactions parmi les habitants.
Siby




