Présenté comme un tournant en matière d’inclusion et de gouvernance, le nouveau gouvernement guinéen suscite autant d’espoirs que d’interrogations. Si la présence féminine au sein de l’exécutif marque une avancée notable par rapport aux équipes précédentes, l’objectif symbolique et largement revendiqué des 30 % de femmes n’a, une fois encore, pas été atteint.
Dans la constitution guinéenne promulguée en septembre 2025, dans les principes fondamentaux de l’Etat au niveau de l’article 6 il est mentionné que : « L’État s’engage à respecter et à faire respecter les principes fondamentaux ci-après: a. la sacralité de la vie humaine; b. l’inclusion, l’équité et l’égalité; c. l’unité et la cohésion nationales: d. l’exercice pacifique des libertés et droits fondamentaux: e. l’inviolabilité du patrimoine national, des symboles et biens de I’État; f. la priorité de l’éducation, de la santé et de la sécurité; g. la préservation de l’environnement et des écosystèmes; h. la préservation des intérêts nationaux contre l’acquisition ou la cession de grandes superficies de terre, par des personnes physiques ou morales, nationales ou étrangères; i. la gestion rationnelle, transparente et équitable des ressources naturelles pour le bien-être des populations à tous les niveaux; j. l’obligation de prise en compte du contenu local dans tous les secteurs de développement; k. la promotion de la participation des Guinéens établis à l’étranger et de tous les acteurs socio-politiques et écоnomiques au développement national; I. la promotion de la parité par l’octroi d’un quota d’au moins 30% aux femmes dans les postes décisionnels et électifs nationaux, régionaux et locaux».
Cependant, sur les 29 membres que compte l’équipe gouvernementale, seulement sept femmes ont été nommées, soit 24 % de l’effectif total. Un chiffre en progression, certes, mais encore éloigné des standards de représentativité prônés par les instruments internationaux, les discours officiels et les engagements répétés en faveur de l’égalité de genre.
Les autorités mettent en avant la qualité des portefeuilles confiés aux femmes, désormais présentes à la tête de ministères stratégiques. Mariama Ciré Sylla, nommée à l’Économie, aux Finances et au Budget, incarne cette volonté de rompre avec la logique des ministères dits « sociaux ». À ses côtés, Kaïté Sall à la Santé, la Dre Diaka Sidibé à l’Enseignement supérieur, Aminata Kaba à l’Agriculture ou encore Fatima Camara à l’Industrie et au Commerce occupent des postes au cœur de la gouvernance économique et sociale du pays.
Cependant, cette parité d’influence, souvent mise en avant par l’exécutif, ne saurait masquer une réalité implacable : les femmes demeurent minoritaires dans les cercles décisionnels. Le cap des 30 %, considéré comme un seuil minimal pour impulser une dynamique de changement structurel, reste hors de portée.
Pour le reste, si le nouveau gouvernement guinéen marque une avancée relative dans l’accès des femmes aux sphères de pouvoir, le plafond des 30 % demeure un objectif repoussé.
Thierno Amadou Diallo


