Depuis plusieurs jours, la préfecture de Siguiri fait face à une grave pénurie de gasoil, une situation qui impacte fortement la vie quotidienne des populations.
Dans les stations-service, de longues files d’attente de gros engins et de camions s’étendent à perte de vue, provoquant des embouteillages par endroits et paralysant plusieurs activités économiques.
Interrogé sur l’origine de cette crise, Monsieur Camara pointe du doigt la reprise massive des travaux des machines « poclains » dans les brousses. Selon lui, la pénurie serait organisée par certains opérateurs du secteur pétrolier.
« C’est une crise organisée par les opérateurs économiques qui sont dans ce secteur pétrolier. Ils négocient le gasoil avec les Chinois qui ont les machines poclains dans les brousses. Dès que leurs citernes rentrent, au lieu que ça aille dans les stations, ils les envoient directement dans les brousses pour servir les machines avec un prix élevé. C’est pourquoi on ne trouve pas le gasoil dans les stations. Un bidon de gasoil se vend aujourd’hui sur le marché à un prix exorbitant de 400.000 à 500.000 francs guinéens », a-t-il dénoncé.
Même inquiétude chez Abou Keïta, conducteur de camion benne, dont l’activité est à l’arrêt depuis près d’une semaine.
« Ça fait près d’une semaine maintenant qu’on ne trouve pas le gasoil. Mon camion benne est garé à la station, mais il n’y a pas de gasoil. Dans toutes les stations, ce sont de longues files d’attente. Quelques-unes servent, mais pas normalement : elles servent un peu, puis arrêtent. Si l’État ne fait rien pour trouver une solution à cette crise, nous serons incapables de payer nos dépenses, parce qu’on ne travaille pas à cause du manque de gasoil », a-t-il souligné.
Face à cette situation, les regards sont désormais tournés vers les autorités, appelées à réagir rapidement pour éviter une paralysie totale des activités dans cette préfecture aurifère.
Ibrahima Camara, depuis Siguiri


