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FRONDEG absent de la liste nationale : la DGE évoque un retrait volontaire

La polémique autour de l’absence du parti FRONDEG sur certains spécimens de bulletins de vote continue de susciter de nombreuses interrogations. Face aux critiques, la directrice générale de la Direction Générale des Élections (DGE), Mme Camara Djenab Touré, a apporté des éclaircissements à l’issue d’une conférence de presse animée dans la soirée du dimanche 24 mai.

Selon elle, le parti dirigé par le leader politique Abdoulaye Yéro Baldé s’était volontairement retiré de la liste nationale avant la clôture officielle des candidatures.

« Sur la liste nationale, c’est FRONDEG qui a écrit et s’est retiré au moment de la clôture des listes », a-t-elle expliqué.

La directrice générale a toutefois précisé que plusieurs listes du parti ont par la suite été rétablies par décision judiciaire. Elle a notamment rappelé que la Cour suprême avait donné raison au FRONDEG dans les dossiers concernant Ratoma et les États-Unis, en ordonnant à la DGE de réintégrer ces candidatures.

« Ses listes ont été validées par la Cour suprême. Il avait gagné son procès de Ratoma et celui des États-Unis également. La Cour suprême lui a même notifié de faire injonction à la DGE de réintégrer sa candidature à Ratoma et aux États-Unis, parce que ce sont les deux dossiers qu’il a portés devant la Cour suprême », a-t-elle fait savoir.

Au niveau communal, Mme Touré affirme également que la majorité des listes du parti ont été réhabilitées par les tribunaux, malgré certaines irrégularités relevées dans les dossiers déposés.

« Au niveau des communes, à l’exception de deux communes, tout le reste a été rétabli par le tribunal, même parfois injustement. Allez prendre la liste de FRONDEG à Gbessia, ça ne fait pas 45 conseillers. Je défie qui que ce soit d’aller sur notre site : ils sont 29 conseillers là où on vous demande 45, mais la justice l’a rétabli », a-t-elle souligné.

La DGE a ensuite révélé qu’après le retrait officiel du parti, plusieurs candidats du FRONDEG avaient individuellement adressé des courriers à l’institution électorale pour exprimer leur volonté de poursuivre le processus électoral. Une situation qui, selon elle, n’est pas explicitement prévue par le code électoral.

« Ce sont les candidats de FRONDEG qui ont écrit à la DGE pour dire : “Nous n’avons pas été consultés par cette décision, nous voulons continuer dans le processus.” Et je l’ai dit en conférence de presse. Vous revenez dessus, on va faire l’effort de vous répondre quand même. Sinon, j’ai bien dit que, pour la liste nationale, FRONDEG était retiré. Allez voir sur YouTube l’ancienne vidéo de cette conférence de presse : je dis que FRONDEG est retiré de la liste nationale. Comme nous avons reçu beaucoup d’appels, ce sont ces courriers que nous avons pris en compte. Nous avons demandé un avis consultatif, de Kankan jusqu’à Siguiri, parce que les gens voulaient continuer malgré le retrait de leur parti. Il n’y a aucune disposition dans le code qui prévoit cela. Vous vous retirez, puis vous revenez : il n’y a aucune disposition là-dessus », a-t-elle déclaré.

Dans le même cadre, la DGE affirme avoir saisi la Cour suprême pour obtenir un avis consultatif après avoir reçu des demandes provenant de plusieurs localités du pays.

« Donc, nous nous sommes tournés vers notre institution suprême de la justice pour demander un avis consultatif. Son avis a été de laisser les gens continuer. C’est donc en fonction de ceux qui ont écrit que les candidatures ont été maintenues. C’est pour cela qu’il y en a deux ou trois qui ne sont pas concernés, parce qu’ils n’ont pas adressé de courrier. Mais tous ceux qui ont écrit sur le territoire, même ceux qui nous ont envoyé des messages par WhatsApp, ont été pris en compte. Certains ont même quitté Koundara pour venir déposer leur courrier ici. Nous avons pris le soin de saisir la Cour suprême pour un avis consultatif, et aujourd’hui ils sont candidats, leurs photos figurent sur les bulletins de vote et ils battent campagne. Donc, nous n’avons pas été injustes, nous avons plutôt laissé une porte ouverte pour que les autres ne perdent pas leur chance », a-t-elle fait savoir.

Concernant la réintégration tardive du parti sur la liste nationale, Mme Camara Djenab Touré estime qu’elle n’était plus techniquement possible au moment où les bulletins étaient déjà en phase d’impression.

« Après, FRONDEG dit qu’il est revenu dans le processus, mais c’était trop tard. Ensuite, on me dit que la liste était déjà bloquée parce que la Cour suprême a estimé qu’un candidat est libre et que l’arrêt de la Cour suprême n’est pas susceptible de recours. Mais si vous vous retirez de plein droit, on ne peut pas vous obliger à être là. Et si vous revenez au moment où nous sommes en train d’imprimer les bulletins, après avoir retiré votre tête, on ne peut plus vous remettre. Soyons quand même justes avec nous-mêmes et cohérents dans ce que nous faisons. Je sais que lorsqu’on occupe de hautes fonctions, on sera insulté et critiqué, mais travailler conformément à la loi, c’est ce qui est le plus important », a précisé la directrice générale de la DGE.

Reconnaissant néanmoins certaines insuffisances dans l’organisation du processus électoral, Mme Touré a assuré que la DGE reste engagée dans une dynamique d’amélioration continue. Elle a notamment évoqué les difficultés observées dans les CACV ainsi que les longues attentes imposées à certains présidents de commissions électorales.

« Ici, nous ne disons pas que tout ce que nous faisons est parfait. Nous ne disons pas que tout ce que nous faisons est bon ou exempt de reproches, parce qu’un travail humain comporte toujours des erreurs et des choses à améliorer. Je viens de vous parler de la lenteur dans les CACV, de la souffrance des présidents qui attendent parfois jusqu’au petit matin. Nous avons trouvé des solutions pour améliorer cela et nous allons les appliquer pour voir les résultats. Un travail humain est en perpétuelle amélioration. Nous-mêmes, en tant qu’êtres humains, nous nous améliorons tous les jours », a-t-elle conclu.

Aminata Camara

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