La guerre en cours au Moyen-Orient continue de provoquer des secousses sur les marchés énergétiques mondiaux. Au treizième jour du conflit impliquant les Etats-Unis, l’Iran et ses voisins, le détroit d’Ormuz, l’une des routes maritimes les plus stratégiques pour le transport du pétrole, voit son trafic fortement perturbé. Avant l’escalade militaire, près de 20 millions de barils de brut et de produits pétroliers y transitaient quotidiennement. Aujourd’hui, ce flux s’est considérablement réduit, en raison des attaques et des menaces qui pèsent sur la navigation dans cette zone sensible.
Pour tenter de contenir la flambée des prix, les 32 pays membres de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), dont les États-Unis, ont annoncé mercredi la mise à disposition de 400 millions de barils issus de leurs réserves stratégiques. Une mesure exceptionnelle destinée à rassurer les marchés et à éviter une crise d’approvisionnement.
Sur les marchés, la nervosité reste toutefois palpable. Le baril de Brent a connu de fortes fluctuations ces derniers jours, oscillant entre 99 et 119 dollars. Les risques sécuritaires dans le Golfe ont également fait exploser les primes d’assurance maritime, certaines ayant été multipliées par dix. Face à ces incertitudes, plusieurs compagnies maritimes ont choisi de suspendre leurs traversées ou de contourner la zone en passant par le cap de Bonne-Espérance, rallongeant les trajets entre l’Asie et l’Europe de 10 à 15 jours.

Or, le détroit d’Ormuz représente un maillon essentiel du commerce énergétique mondial, avec environ un cinquième du pétrole consommé dans le monde qui y transite, ainsi que d’importants flux de gaz naturel liquéfié. Toute perturbation, même partielle, se répercute rapidement sur les prix de l’énergie et sur des secteurs stratégiques comme les engrais.
Pendant ce temps, l’Iran affirme être prêt à mener une longue guerre d’usure, tout en poursuivant des frappes visant des infrastructures pétrolières dans la région. Ces actions se poursuivent malgré les appels à la désescalade et la résolution adoptée par le Conseil de sécurité des Nations unies.
Pour l’Afrique, les répercussions pourraient être particulièrement lourdes. Si certains pays producteurs pourraient tirer profit de la hausse des cours, la majorité des économies africaines dépendent largement des importations de carburants raffinés. Dans ce contexte, la hausse du brut risque d’entraîner une augmentation rapide des prix à la pompe, des coûts de transport et des denrées alimentaires.
Les analystes estiment ainsi que la crise actuelle dépasse le simple choc pétrolier. Elle combine tensions logistiques, pression inflationniste et fragilisation des réserves de devises dans plusieurs pays africains. Dans ce contexte incertain, les États qui parviendront à sécuriser leurs approvisionnements et à protéger les populations les plus vulnérables seront les mieux placés pour faire face aux conséquences de cette crise énergétique mondiale.




