L’image n’aura échappé à personne. En marge de la cérémonie d’inauguration, le 25 mars dernier, du nouveau siège de la BCRG, un geste singulier du président de la République à l’endroit de son ministre des Affaires étrangères, de l’Intégration africaine et des Guinéens établis à l’étranger a retenu l’attention.
Repérant le chef de la diplomatie guinéenne au milieu d’un aéropage de personnalités, le chef de l’État l’a fait venir à ses côtés avant de lui offrir une chaleureuse accolade, ponctuée de quelques mots glissés à l’oreille. Si le contenu de cet échange reste inconnu, l’image, elle, parle d’elle-même. Et comme le dit l’adage, une image vaut mille mots.
Car ce geste n’est pas anodin. Il est lourd de sens. Le premier message qu’il véhicule est celui de la confiance. Une confiance manifeste du président à l’endroit de son ministre, mais aussi, au-delà, un satisfecit. Comme pour signifier que le chef de l’État se dit satisfait des résultats engrangés par sa diplomatie.
Ces résultats sont loin d’être négligeables. La Guinée est aujourd’hui sortie du processus de Transition la tête haute, sans avoir cédé à des pressions extérieures, tout en évitant de se mettre à dos ses partenaires. Fidèle à une ligne de non-alignement, le pays, sous la conduite de Dr Morissanda Kouyaté, a su maintenir un équilibre délicat entre les différentes puissances et blocs d’influence.
La Guinée est ainsi restée membre de la CEDEAO, tout en conservant des relations suivies et apaisées avec les pays de l’AES. Une posture d’équilibre qui traduit une diplomatie pragmatique, soucieuse de défendre les intérêts nationaux sans s’enfermer dans des logiques d’alignement.
En dépit des vicissitudes et des spéculations de circonstance, ce sont bien ces acquis que le président semble saluer à travers ce geste symbolique. Une manière, en somme, de renouveler publiquement sa confiance en son ministre.
Le second message relève de la méthode de gouvernance du chef de l’État. À travers ce geste, c’est aussi une certaine lucidité dans l’évaluation de ses collaborateurs qui transparaît. Loin de se laisser influencer par les rumeurs ou les manœuvres, le président paraît privilégier les résultats concrets, tangibles.
Et lorsqu’il estime qu’un collaborateur donne satisfaction, il n’hésite pas à le faire savoir, y compris publiquement. Une posture qui tranche avec les pratiques souvent opaques ou instables observées dans certains environnements politiques.
Dans un contexte où intrigues et tentatives de déstabilisation ne sont jamais loin, cette manière d’assumer ses choix et de valoriser la performance peut apparaître comme un facteur de stabilité.
Au final, au-delà de la simple séquence protocolaire, cette accolade entre Mamadi Doumbouya et Morissanda Kouyaté en dit long. Elle traduit à la fois une reconnaissance des résultats et une affirmation de confiance.
Une image, en somme. Mais une image aux messages multiples.
Mohamed Condé




