À quelques jours des élections législatives du 31 mai, le Front national pour le développement de la Guinée (FRONDEG) d’Abdoulaye Yéro Baldé se retrouve une nouvelle fois hors du processus électoral. Le retrait de la liste nationale du parti suscite de nombreuses réactions dans le paysage politique guinéen.
À N’Zérékoré, Cécé 1 Délamou, coordinateur régional du FRONDEG et candidat à la députation, est monté au créneau pour dénoncer ce qu’il qualifie de « violation flagrante » des textes de loi et des décisions de la Cour suprême. Dans un entretien accordé ce mardi 19 mai 2026 à notre correspondant basé dans la capitale de la région forestière, le responsable politique accuse la Direction générale des élections d’avoir outrepassé ses prérogatives en maintenant le retrait de la liste du FRONDEG, malgré une décision de la haute juridiction invalidant cette mesure.
Face à cette situation, Cécé 1 Délamou annonce que son parti entend saisir à nouveau la Cour suprême afin d’être rétabli dans ses droits, dans le respect des institutions républicaines.
Revenant sur les circonstances de cette exclusion, il s’est appuyé sur les dispositions de l’article 159 ainsi que sur les décisions rendues par la Cour suprême, estimant que cette affaire constitue une atteinte aux principes démocratiques et au respect des institutions judiciaires du pays.
« Nous parlons du retrait du FRONDEG de la liste nationale. Si on se réfère à la loi et au respect des institutions judiciaires, notamment la Cour suprême, qui avait demandé à tous les candidats du FRONDEG de conserver leur position, aucun retrait ne devait être possible. Une fois qu’une liste est validée par la Cour suprême, il devient pratiquement impossible de la retirer. Pourtant, aujourd’hui, une seule personne prend l’initiative de retirer toute une liste nationale de 49 candidats. Sur quelle base cela a-t-il été fait ? », s’est-il interrogé.
Le coordinateur régional du FRONDEG estime également que le maintien du retrait de la liste nationale, malgré l’avis de la Cour suprême, traduit une volonté délibérée d’écarter son parti de la compétition électorale. Il évoque même une « vengeance politique » et dénonce une atteinte au pluralisme démocratique.
« Nous avions demandé un retrait en raison des irrégularités constatées. Mais pourquoi saisir ensuite la Cour suprême si ce n’était pas pour respecter sa décision ? La Cour suprême a clairement indiqué que les candidatures du FRONDEG demeuraient valables. Dans un État de droit, c’est cette décision qui doit prévaloir », a insisté Cécé 1 Délamou.
Selon lui, la décision de la Cour suprême avait d’ailleurs motivé le retour du parti dans la course électorale.
« La directrice générale était informée de notre retour dès lors que la Cour suprême lui avait notifié que le retrait du FRONDEG était sans effet. Pour moi, cette décision relève d’une volonté manifeste de faire disparaître cette liste. Quand on observe la scène politique actuelle, plusieurs partis se sont alignés derrière la GMD. Ce n’est pas normal dans un pays démocratique », a-t-il dénoncé.
Malgré cette nouvelle exclusion, le FRONDEG entend poursuivre le combat par des voies légales. Cécé 1 Délamou a annoncé une nouvelle saisine de la Cour suprême afin d’obtenir la réintégration de la liste nationale du parti.
Il a également appelé les militants au calme et à la retenue.
« Nous allons saisir la Cour suprême pour être rétablis dans nos droits. C’est d’ailleurs cette même Cour qui, à travers sa décision, nous avait amenés à revenir dans le processus électoral. Nous demandons à tous nos militants de rester calmes et sereins », a-t-il déclaré.
Foromo Fazy Béavogui depuis N’Zérékoré




